y a une demoiselle à la télé elle dit la merde du de dans – vue à la télé et le monde en parle – vu la merde des pauvres à la télé – les pauvres, la télé parle de votre merde la demoiselle de la télé vient de découvrir votre merde – la recherche avance les pauvres pas d'inquiétude la télé vous parle de vous – pas loin de là tout près de vous dans une immersion totale de merde – une lutte lissée par la demoiselle à la télé, cette demoiselle-archétype les comptes ronds qui aime de loin quelques mois dans sa vie de demoiselle se mettre dans la vie abimée du pauvre – comme ça pour expérimenter la merde du pauvre – puis dire écrire parler de la merde là tout contre – infiltrer aisément la merde pour témoigner de la merde – pour énoncer aux autres les conditions de la merde – insupportable la demoiselle de la télé qui a découvert la merde un jour – qui a bravé ses peurs s'est dit à moi la merde vais faire un stage dans la merde suis à gauche un penchant pour les alternatives économiques – la demoiselle de la télé à cloche pied pour jouer vient faire sautiller sa sandalette dans la merde pour se crotter, un peu – dire après le mal au corps le mal au cerveau quand l'inconfort de la merde est trop pour elle – la demoiselle télévisuelle qui – parce que y a pas que l'argent qui compte que avec toute l'humilité du témoignage histoire vraie bien vécue moi l'ai fait moi vous en parle moi ai réalisé la vie de merde et saviez vous que beaucoup ont une vie de merde dans la merde moi savais pas l'ai su là une expérience sur commande pour parler à la place des autres – la demoiselle elle savait pas elle – on lui avait pas dit – alors la demoiselle de la télé le cœur flanché ouvert sur lui dans ses états de pauvreté pointée mais quoi mais quoi là aussi à s'essayer à la merde pour dire à la télé qui s'invite chez toi ce soir que la merde les pieds les tripes dedans c'est pas facile – mais c'est bien d'en parler déjà de là où elle est qu'elle dit la demoiselle elle dit la merde du monde au cas où le monde n'était pas au fait de sa propre condition de merde – alors au cas où les gens de la merde regardent la télé – la télé leur dit on parle de vous et la merde on parle de toi et la merde dans ton fauteuil la télé s'intéresse à ton cas de merde pour te faire découvrir ton existence – oui la merde existe la demoiselle de la télé l'a dit – le pauvre là à la télé il voit mieux la merde – le pauvre là il est bien – merci la demoiselle de la télé.
ma mère en colique - suis née - elle avait mal au ventre cette bonne elle a grogné râlé lâché prise et puis de là suis née. en colère - en silence - la maman se taisait disait peu le sourire aux lèvres l'air béat pour pas dire pour pas qu'on pose des questions sur ses états ses lâchages ses noeuds ses ni ses non ses j'entends pas ne vois pas - mais l'état de vie est au point mort. puis à s'attendre - à dire du rien à s'entendre vivre le rien le cerveau crampé ventre en bouillon la maman a largué - la maman est partie vannes déversantes et dans ces eaux croupies, moi ai flotté - de la vase plein les narines. enfant sale naissant suis née. dans un cri suis née le visage claqué parce que tout bleuté le souffle coupé. et là par à coups les mots merdés viennent en rots le corps en sursaut - enfant en purge - pas propre fais encore sur moi la vie devant cherchant après les émotions méditées les extases de la bouche du bas - d'où la colique d'où la chute en abîme inversée - lui il dit pervetere. de là je viens - ai laissé maman au sol, a pas voulu monter avec sa saleté.
« Je n'ai l'impression d'être efficace, d'être dans le coup, de faire quelque chose de positif, que lorsque je m'allonge pour me livrer à une interrogation sans fin et sans objet. »
E. M. Cioran, Ébauches de vertiges (1979), Folio, p.21
0
en objet étourdi
où j'en suis ? d'où je viens ? où puis-je aller ?
par itérations, de la méthode itérative, donc
methodos est du côté du chemin
cheminer par itérations = tortuosité de l'approche = se tortuer en recherche inquiète du tracé actuel (en devenir) de la (des) spirale(s)
spirales au pluriel
*****
ESSAI poétique
} tentative qui sous-tend l'échec
ESSAI poétique
} où se déploie une pensée?
ESSAI poétique
} pour lâcher les prises
} pour ne pas maintenir les mots dans leur identité (G.Bataille)
} S'AUTRER – devenir autre/actuel
} Tenter de cerner (?) l'endroit dans lequel le JE existe ; échoué à lui-même
} Tenter de baliser l'éclatement de soi
} Tenter dans le nulle part de trouver l'ailleurs
Se vautrer dans l'autre ?
Se vautrer à soi-même ?
Note en rappel : ESSAI [politique donc ?] – avoir pour antonyme : réussite. Ne pas être pour réussir.
1
le
la
les
en un
c’est comme dans une
anatomie du
qui
percé d’un trou
fermer les yeux pendant trois quatre secondes, puis regarder un objet éloigné
l’image est diffuse
tandis que le reste
ressemblerait à une écriture pour plus ou moins de personnages, plus ou moins de caractères
*****
Le bruit de la nuit, des résidus de trous et d’impasses stagnaient.
je suis une femme
je suis un garçon, ou peut-être suis-je cet homme-là
*****
je tu il et ou elle
les personnes du singulier
je suis nombreux.
Je suis cette théière qui fuit,
mais au moins je verse,
mais à l’évidence, nous ne versons pas toujours droit.
} être des fuites
2
On attend. On est là par là à tenir. Tenir par là en attendant. Nous tenir mais pas vraiment, parfois nous ne nous tenons pas. Parfois, ce sont les choses autour. Les gens aussi autour qui nous tiennent, parfois c’est retenir. Tenir est retenir, nous retenir en attendant.
} sommes-nous dans l'attente d'un carnaval à l’échelle du soi?
*****
je me tiens par là
je me trouve par là,
j’ai la tête au sol, le regard en pente, les pieds en air
j’ai la tête qui divague
la tête chercheuse
la tête qui cherche à plier
la tête qui se lance dans des pérégrinations
la tête traversée de questions insensées
j’ai la tête qui se demande ce que se racontent les gueules tranchées.
Que se racontent ces têtes qui roulent tranchées par la guillotine, ces têtes d’hommes pendus à l’existence, dont le fil est tranché nettement, dont la tête est tranchée nettement, pour ne plus exister.
Parce que trancher c’est décider
les têtes décidées roulent au sol, dans la pente.
*****
les feuilles sont au sol et là, ne plus bien savoir comment s’y prend-on dans la fugue
*****
des actuels
(quand de là il s’agit du
en devenir autre)
c’est quand mettre la main sur des bouts, sans modèle – en traverser les périls
du devenir en expérience – s’accorder en un point :
petit un : on ne connaît des territoires que ce qu’on en traverse
petit un (bis) : la zone dit des (aux) êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués
petit un (bis) : la zone dit d'elle aux êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués
*****
résistez restez par là
et se saisir de l’écume quand l’inattendu s’émousse
résistez restez par là
par le se faire dessus dessous dans la vie
vous laisserez-vous étourdir ?
pourquoi pas, encore
pensons-nous alors le trouble ? Vraiment
le trouble dans ses résistances
enfin,
vous figurez-vous que de se sentir verser en boule, c’est bouger encore.
“Notre romantisme est rescapé d’un naufrage. Nous avons affronté des flots de bêtise et de résignation, mais nous n’avons pas chaviré. Ce naufrage a fait de nous les porteurs d’un temps contre le temps. Quel est notre idéal ? Il est improbable et bringuebalant. Comment se porte notre volonté ? On lui a coupé les deux jambes, mais l’âme bouge encore. A quoi ressemble notre révolte ? Elle est celle d’un élégant qui n’est pas fat, ascétique à l’égard de la consommation, mais puissamment incarné pour dire toute l’épaisseur du monde. De cette élégance-là, j’aimerais voir le sursaut, une insurrection de chaque instant qui viserait non pas à rapprocher le tempsqui sépare le désir de sa satisfaction, mais à les éloigner l’un de l’autre pour désirer surtout.”
Camille de Toledo, Archimondain, jolipunk (2002),Le livre de poche, pp.155-156
3
ne pas avoir répondu aux obligations de localisation :
avoir l’être entre les empêchements,
l’être dans les interstices des empêchements
} c'est là un bordel ontologique qui visiblement se floute en des nœuds de trop forte densité, oui
il y aurait des morceaux, des pointillés de morceaux, il y aurait les moi en morceaux, il y aurait les moi en pointillés
ne pas se sentir en pointillés comme on se sentirait en tirets – les tirets des moi sont des étirements comme s'étirent de volumineuses patatoïdes
être un étirement en patatoïdes aux volumes rugueux
} de la rugosité des irrégularités.
*****
DES IRREGULARITES
être des irrégularités ; suivez mon doigt
être une désirrégularité (du désir donc)
SE DESIRREGULARITER
ou peut-être
SE DESIRREGULARISER nous-même
est-ce alors là où se rétablirait le désordre des choses?
} revient la question autrement dite : tenter le carnaval à l’échelle des moi?
4
désirer, surtout
ne pas maintenir les mots dans leur identité
traverser/traversant les pourtours des mots
ainsi, suggestion pour désir :
Avoir le ventre et parties molles dans le creuset confortable de deux paumes de mains. Les pouces pressent chacun en un point précis juste en dessous des côtes.Ex.: “Ça me masse les parties molles”.
isabelle lassignardie mars 2012 - extraits de choses en cours
alors là c'est le tout devant - y a plus qu'à - se prendre de travers - se faucher soi-même à la croisée des dits rien - avec l'envie des tirer s'étirer se tirer de là - scander les pensées comme les poignets - se casser les doigts dans les humidités prolongées - se vraquer la tête le ventre avec - pas vouloir mais non choix le désordre des choses s'imposent là à gratter les papiers à rayer les cahiers à se couvrir encré - se pourrir tapie dans le soi-même nié - elle s'est cassée toute seule - pas victime - bien nocive à se lisser proprement les idées - les désirs aplanis - les pieds cornés à stationner et tapiner sur les sols goudronnés - elle entendait dans sa tête d'oiseau des cris de fous hantés - des petits fous en forme de plainte - des petits fous peureux - un peu lâches - un peu sourds - un peu gangrenés des idées - à pas savoir comment marquer son nom sur la rotative - ça tourne dans sa tête au rythme de sa tête comme il dit - et elle prend des piques de colère des aplats de douceur en petites minutes de repos - en écorchage de croûtes séchées - en odeur pas captée - pas là en entier par petits bouts - l'enfant n'a que des petits bouts à croquer le grand tout à ses pieds - sais pas trop faire - lui faut avancer reculer s'étendre les pinces serrées les dents grincées les joues du dedans mordues - alors là y a le tout devant - maman est partie - le ventre en bouillie - des boules en feu - dans le ciel - des anus filants dans l'immensité - elle les voit les lacs clairs - un point noir dans le fond de l'oeil - apprendre la patience la tête en l'air pour pas manquer leurs passages - les petits fous sont ces à-côtés - dans les marges celles qui sont les centres - en plusieurs en multiples - les bas-côtés qui tiennent la cathédrale - dedans y a le râle profond en onomatopée signifiante - la mécanique en pleur les cris huileux qui le laissent glisser dans des arabesques illisibles - les mots qui coulent ravissent en attente - la peur qui vient un taquet au poing - c'est sans fin
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