Charles Pennequin et Armée Noire

blog de il

automatique laverie et autre débouchage en république

30/08/2011 - 00:46

 automatique laverie croquée en quatre-heure

assis en salon sans thé – plutôt chambré

sans tailleur – assis malgré tout

un coup debout en jupette relevée

en odeur de raisin la raison empochée

deux ladies en jeunettes en sont à parler

 

sans bas grillés sans plis marinés

en damoiselles sans distinction

s'en vont siroter un jus de saumon bien frais

pas les lèvres rougies juste en dents tachées

vous prendrez bien de cette mousse légère

la noisette goulue – ya comme une saveur framboisée

 

les deux en fesse à fesse attablée

(sur la rue de Bretagne – là où en bataille un rire fou la démise de ses fonctions)

en crème fouettée sur des cafés sucrés à pas douter

les voilà en chatteries à se dire les plis et recoins – cartographies indéfinies

à gloser chiffons draps salis chat pissant

une machine vieillie en essorage repris

 

automatrique engourdie – ces bonnes là en loin de toute électronique

en enseignes illisibles en yeux myopes et grisés

à contre-jour en voilà une les pupilles dilatées

et c'est encore les trous noirs agrandis

l'enfant sans couche est désormais déculottée

cheveux en carré deux mèches légères filent dans la nuque

la voilà pas en une dépassée

 

alors encore là à se jaboter l'une et l'autre une fois déflorées

en couple de vieilles mal coiffées elles se jaillissent en pervertere

s'éviter à prêter les oreilles suintent

des mots en forme d'obscénités sourdrent de leurs becs édentés

se voir saisir des cotons javellisés pour s'astiquer des malentendus

 

l'automate est cassé – la laverie est bien chère ma petite chérie

un euro décanillé les voilà qui ne se veulent faire les canées

les deux ladies encore à s'ébruiter – en sons glanés rien n'est stoppé

se poursuivent dans l'illisibilité – en vue plus loin les falaises bretonnes détourées

ça y est les républicaines sont débouchées.  

ya une demoiselle à la télé qui dit la merde du de dans

30/08/2011 - 00:40

 y a une demoiselle à la télé elle dit la merde du de dans – vue à la télé et le monde en parle – vu la merde des pauvres à la télé – les pauvres, la télé parle de votre merde la demoiselle de la télé vient de découvrir votre merde – la recherche avance les pauvres pas d'inquiétude la télé vous parle de vous – pas loin de là tout près de vous dans une immersion totale de merde – une lutte lissée par la demoiselle à la télé, cette demoiselle-archétype les comptes ronds qui aime de loin quelques mois dans sa vie de demoiselle se mettre dans la vie abimée du pauvre – comme ça pour expérimenter la merde du pauvre – puis dire écrire parler de la merde là tout contre – infiltrer aisément la merde pour témoigner de la merde – pour énoncer aux autres les conditions de la merde – insupportable la demoiselle de la télé qui a découvert la merde un jour – qui a bravé ses peurs s'est dit à moi la merde vais faire un stage dans la merde suis à gauche un penchant pour les alternatives économiques – la demoiselle de la télé à cloche pied pour jouer vient faire sautiller sa sandalette dans la merde pour se crotter, un peu – dire après le mal au corps le mal au cerveau quand l'inconfort de la merde est trop pour elle – la demoiselle télévisuelle qui – parce que y a pas que l'argent qui compte que avec toute l'humilité du témoignage histoire vraie bien vécue moi l'ai fait moi vous en parle moi ai réalisé la vie de merde et saviez vous que beaucoup ont une vie de merde dans la merde moi savais pas l'ai su là une expérience sur commande pour parler à la place des autres – la demoiselle elle savait pas elle – on lui avait pas dit – alors la demoiselle de la télé le cœur flanché ouvert sur lui dans ses états de pauvreté pointée mais quoi mais quoi là aussi à s'essayer à la merde pour dire à la télé qui s'invite chez toi ce soir que la merde les pieds les tripes dedans c'est pas facile – mais c'est bien d'en parler déjà de là où elle est qu'elle dit la demoiselle elle dit la merde du monde au cas où le monde n'était pas au fait de sa propre condition de merde – alors au cas où les gens de la merde regardent la télé – la télé leur dit on parle de vous et la merde on parle de toi et la merde dans ton fauteuil la télé s'intéresse à ton cas de merde pour te faire découvrir ton existence – oui la merde existe la demoiselle de la télé l'a dit – le pauvre là à la télé il voit mieux la merde – le pauvre là il est bien – merci la demoiselle de la télé.

 

suis née

30/08/2011 - 00:32

 

ma mère en colique - suis née - elle avait mal au ventre cette bonne elle a grogné râlé lâché prise et puis de là suis née. en colère - en silence - la maman se taisait disait peu le sourire aux lèvres l'air béat pour pas dire pour pas qu'on pose des questions sur ses états ses lâchages ses noeuds ses ni ses non ses j'entends pas ne vois pas - mais l'état de vie est au point mort. puis à s'attendre - à dire du rien à s'entendre vivre le rien le cerveau crampé ventre en bouillon la maman a largué - la maman est partie vannes déversantes et dans ces eaux croupies, moi ai flotté - de la vase plein les narines. enfant sale naissant suis née. dans un cri suis née le visage claqué parce que tout bleuté le souffle coupé. et là par à coups les mots merdés viennent en rots le corps en sursaut - enfant en purge - pas propre fais encore sur moi la vie devant cherchant après les émotions méditées les extases de la bouche du bas - d'où la colique d'où la chute en abîme inversée - lui il dit pervetere. de là je viens - ai laissé maman au sol, a pas voulu monter avec sa saleté.

 

 

des désordres et parties molles

19/03/2012 - 22:51

 DES DESORDRES ET PARTIES MOLLES

(de 0 à + ou – des quelques choses)

 

« Je n'ai l'impression d'être efficace, d'être dans le coup,  de faire quelque chose de positif, que lorsque je m'allonge pour me livrer à une interrogation sans fin et sans objet. »

E. M. Cioran, Ébauches de vertiges (1979), Folio, p.21

 

0

 

en objet étourdi

 

où j'en suis ?
d'où je viens ?
où puis-je aller ?

 

par itérations, de la méthode itérative, donc

methodos est du côté du chemin

cheminer par itérations
= tortuosité de l'approche
= se tortuer en recherche inquiète du tracé actuel (en devenir) de la (des) spirale(s)

spirales au pluriel

 

*****

ESSAI poétique

} tentative qui sous-tend l'échec

 

ESSAI poétique

} où se déploie une pensée?

 

ESSAI poétique

} pour lâcher les prises

} pour ne pas maintenir les mots dans leur identité (G.Bataille)

 

} S'AUTRER – devenir autre/actuel 

} Tenter de cerner (?) l'endroit dans lequel le JE existe ; échoué à lui-même

} Tenter de baliser l'éclatement de soi

} Tenter dans le nulle part de trouver l'ailleurs

 

Se vautrer dans l'autre ?

Se vautrer à soi-même ?

 

Note en rappel : ESSAI [politique donc ?] – avoir pour antonyme : réussite. Ne pas être pour réussir.

 

1

 

le

la

les

en un

c’est comme dans une

anatomie du

qui

percé d’un trou

 

fermer les yeux pendant trois quatre secondes, puis regarder un objet éloigné

l’image est diffuse

tandis que le reste

ressemblerait à une écriture pour plus ou moins de personnages, plus ou moins de caractères

 

*****

Le bruit de la nuit, des résidus de trous et d’impasses stagnaient.

je suis une femme

je suis un garçon, ou peut-être suis-je cet homme-là

 

*****

je tu il et ou elle

les personnes du singulier

je suis nombreux.

Je suis cette théière qui fuit,

mais au moins je verse,

mais à l’évidence, nous ne versons pas toujours droit.

 

} être des fuites

 

 

2

 

On attend. On est là par là à tenir. Tenir par là en attendant. Nous tenir mais pas vraiment, parfois nous ne nous tenons pas. Parfois, ce sont les choses autour. Les gens aussi autour qui nous tiennent, parfois c’est retenir. Tenir est retenir, nous retenir en attendant.

 

} sommes-nous dans l'attente d'un carnaval à l’échelle du soi?

 

*****

je me tiens par là

je me trouve par là, 

j’ai la tête au sol, le regard en pente, les pieds en air

j’ai la tête qui divague

la tête chercheuse 

la tête qui cherche à plier

la tête qui se lance dans des pérégrinations 

la tête traversée de questions insensées 

j’ai la tête qui se demande ce que se racontent les gueules tranchées.

Que se racontent ces têtes qui roulent tranchées par la guillotine, ces têtes d’hommes pendus à l’existence, dont le fil est tranché nettement, dont la tête est tranchée nettement, pour ne plus exister.

Parce que trancher c’est décider

les têtes décidées roulent au sol, dans la pente.

 

*****

les feuilles sont au sol et là, ne plus bien savoir comment s’y prend-on dans la fugue

 

*****

des actuels

(quand de là il s’agit du 

en devenir autre) 

c’est quand mettre la main sur des bouts, sans modèle – en traverser les périls 

du devenir en expérience – s’accorder en un point : 

petit un : on ne connaît des territoires que ce qu’on en traverse

petit un (bis) : la zone dit des (aux) êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués

petit un (bis) : la zone dit d'elle aux êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués

 

*****

résistez restez par là

et se saisir de l’écume quand l’inattendu s’émousse 

 

résistez restez par là

par le se faire dessus dessous dans la vie

 

vous laisserez-vous étourdir ?

pourquoi pas, encore

pensons-nous alors le trouble ? Vraiment

le trouble dans ses résistances

enfin,

vous figurez-vous que de se sentir verser en boule, c’est bouger encore.

 

“Notre romantisme est rescapé d’un naufrage. Nous avons affronté des flots de bêtise et de résignation, mais nous n’avons pas chaviré. Ce naufrage a fait de nous les porteurs d’un temps contre le temps. Quel est notre idéal ? Il est improbable et bringuebalant.  Comment se porte notre volonté ? On lui a coupé les deux jambes, mais l’âme bouge encore.  A quoi ressemble notre révolte ?  Elle est celle d’un élégant qui n’est pas fat, ascétique à l’égard de la consommation, mais puissamment incarné pour dire toute l’épaisseur du monde. De cette élégance-là, j’aimerais voir le sursaut, une insurrection de chaque instant qui viserait non pas à rapprocher le temps qui sépare le désir de sa satisfaction, mais à les éloigner l’un de l’autre pour désirer surtout.”

Camille de Toledo, Archimondain, jolipunk (2002), Le livre de poche, pp.155-156

 

 

3

 

ne pas avoir répondu aux obligations de localisation :

avoir l’être entre les empêchements,

l’être dans les interstices des empêchements

 

} c'est là un bordel ontologique qui visiblement se floute en des nœuds de trop forte densité, oui

 

il y aurait des morceaux, des pointillés de morceaux, il y aurait les moi en morceaux, il y aurait les moi en pointillés

ne pas se sentir en pointillés comme on se sentirait en tirets – les tirets des moi sont des étirements comme s'étirent de volumineuses patatoïdes

être un étirement en patatoïdes aux volumes rugueux

 

} de la rugosité des irrégularités.

 

*****

DES IRREGULARITES

être des irrégularités ; suivez mon doigt

 

être une désirrégularité (du désir donc)

SE DESIRREGULARITER

ou peut-être

SE DESIRREGULARISER nous-même

 

est-ce alors là où se rétablirait le désordre des choses? 

} revient la question autrement dite  : tenter le carnaval à l’échelle des moi?

 

4

 

désirer, surtout

ne pas maintenir les mots dans leur identité

traverser/traversant les pourtours des mots

ainsi, suggestion pour désir :

Avoir le ventre et parties molles dans le creuset confortable de deux paumes de mains. Les pouces pressent chacun en un point précis juste en dessous des côtes. Ex.: “Ça me masse les parties molles”.

 

isabelle lassignardie mars 2012 - extraits de choses en cours

pas fin

30/08/2011 - 00:38

 alors là c'est le tout devant - y a plus qu'à - se prendre de travers - se faucher soi-même à la croisée des dits rien - avec l'envie des tirer s'étirer se tirer de là - scander les pensées comme les poignets - se casser les doigts dans les humidités prolongées - se vraquer la tête le ventre avec - pas vouloir mais non choix le désordre des choses s'imposent là à gratter les papiers à rayer les cahiers à se couvrir encré - se pourrir tapie dans le soi-même nié - elle s'est cassée toute seule - pas victime - bien nocive à se lisser proprement les idées - les désirs aplanis - les pieds cornés à stationner et tapiner sur les sols goudronnés - elle entendait dans sa tête d'oiseau des cris de fous hantés - des petits fous en forme de plainte - des petits fous peureux - un peu lâches - un peu sourds - un peu gangrenés des idées - à pas savoir comment marquer son nom sur la rotative - ça tourne dans sa tête au rythme de sa tête comme il dit - et elle prend des piques de colère des aplats de douceur en petites minutes de repos - en écorchage de croûtes séchées - en odeur pas captée - pas là en entier par petits bouts - l'enfant n'a que des petits bouts à croquer le grand tout à ses pieds - sais pas trop faire - lui faut avancer reculer s'étendre les pinces serrées les dents grincées les joues du dedans mordues - alors là y a le tout devant - maman est partie - le ventre en bouillie - des boules en feu - dans le ciel - des anus filants dans l'immensité - elle les voit les lacs clairs - un point noir dans le fond de l'oeil - apprendre la patience la tête en l'air pour pas manquer leurs passages - les petits fous sont ces à-côtés - dans les marges celles qui sont les centres - en plusieurs en multiples - les bas-côtés qui tiennent la cathédrale - dedans y a le râle profond en onomatopée signifiante - la mécanique en pleur les cris huileux qui le laissent glisser dans des arabesques illisibles - les mots qui coulent ravissent en attente - la peur qui vient un taquet au poing - c'est sans fin

on peut voir ça demain aussi  

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