Charles Pennequin et Armée Noire

blog de Lise N.

Il est venu

27/04/2011 - 11:11

Extrait de concert à Montgermont (35) le 21 avril 2011

Des truies en ronde

21/02/2010 - 00:40

La forêt à l'écran

 

a peut - être un rapport::

Mille-feuille

22/01/2010 - 00:34

un texte*

a peut - être un rapport::

Chien palmé

02/11/2009 - 18:55


Le chien à la fenêtre me regarde, il constate que j’ai perdu un bras mais moi je sais où il est, il est dans la poubelle de la cuisine. Rien ne sert de grogner, dis-je au chien ! La beauté du geste, son incroyable direction. Rien ne sert de couiner, dis-je au chien. Au fond de la poubelle, mon bras nez assombri de moustaches d’arêtes, de relents de maquereaux. Mon visage souriant au fond de la poubelle, il se veut apaisant pour qui ne peut le voir. Reste assis, vilain chien, vilaine bête, vilain monstre !

 

On entend le hibou

14/09/2009 - 12:26


Là où l’on entend le hibou on se coupera un doigt, on se découpera un bout sans peine, on se dira que les liens du sang n’ont rien à faire là-dedans, que le rituel du sang c’est déjà un peu trop ordonné, on se dira du bout de l’ongle trois sillons ne mènent nulle part, on se dira la grande purée rouge ne tourne que sur elle-même, on se dira sans personne que la grande potée stérile repose sur ses petits.

Des défenses d’élan, dit le hibou, des défenses d’élan brillent dans la nuit, des défenses d’élan brûlent sur vos doigts, attention, dit le hibou, attention à tout ce qui brille, attention à tout ce qui brûle dans la nuit, attention aux contes qui brillent, attention à la musique des arbres merveilleux, attention aux passages secrets qui ornent les châteaux, attention aux grands lits défaits et aux lueurs de bougies en demi-teinte, attention au dévoilement mesuré moi je dis attention, attention aux tribus qui se défont sans jamais se défaire.

Là on entend du hibou quelque chose de bien frontal, quelque chose de bien frontal on l’écoute, là on l’entend et on se coupe un doigt ou autre chose, on ne sait plus très bien ce qu’on coupe, on coupe les images, les relations entre les images et le son, on coupe les couples d’images qui gonflent en son, on coupe le ver et la verrue, on coupe la poule et le poulpe, on coupe le merveilleux le vermoulu, dans le lard on découpe, on découpe en plein dard.

On fait du lard on se dit, on se dit mais qui donc sur cette planète ne fait pas du lard, on dit faut-il se couper le dard pour faire du lard, on se dit qui mais donc sur cette planète parle mieux que quiconque du lard, on se dit faut-il parler du dard pour faire du lard, on se dit mais qui donc sur cette planète sait faire parler son dard mieux que personne, on se dit faut-il en avoir plein le dard pour faire du lard, on se dit comment couper son dard sans que ce soit du lard, on cherche dans les plis du lard, on se dit dans quel pli de quel lard on se trouve, en quoi mon dard est-il plié, en quoi pourrait-il bousculer la face de lard dans laquelle on se trouve ? 

 

Nous étions les tristes franges

16/11/2008 - 12:23

 

Nous étions les tristes franges, nous étions les minuscules rainures, nous étions la poussière des granges, nous étions sous la peau du purin, les étuis de nos yeux se fragmentaient, nos perruques tombaient dans la boue, nos oreilles accrochées dans le vent sifflaient des notes bizarres, nous nous bagarrions avec des cages de vieux légumes et nos animaux enterrés portaient nos prénoms. Nous copulions avec les fous du pays, nous copulions avec les enfants des fous du pays, nos petits paradaient en silence, sillonnaient les murs de nos granges reculées, nos soupières se vidaient en silence, des clous vivaient dans nos chaussures et dans nos lits.

 

L’hiver, nous compostions nos mémoires. La surface de nos macérations dégageait un degré de saveur incomparable. Nos cultures se battaient pour en obtenir le meilleur.

Rester avec les bêtes

11/09/2009 - 12:41


Retourner, vivre avec les bêtes, je retourne avec les bêtes, les bêtes elles n’ont rien à voir avec ce qui plisse, ce qui sue derrière les mots propres, les bêtes elles ne disent pas deux dents se cachent dans la nuit, elle s’en moquent de la nuit qui suinte des dents, elles s’en moquent de l’horizon ce grand ventre dentelé, coupe-leur une patte elles n’en perdront pas pour autant un morceau de pays, moi je retourne au pays des trois pattes, je retourne au pays des bêtes qui titubent en traçant leur droite, moi sur mes trois pattes je suis bien, je suis bien avec mes bêtes, personne ne connaît vraiment bien la campagne, les gens trouvent ça bête ou alors il trouvent ça bien, mais personne ne connaît vraiment la campagne en profondeur, sinon il n’y aurait pas tous ces plis, toutes ces lignes qui parlent entre les lignes, tous ces « dedans » qui se dentèlent, la campagne n’a rien à voir avec tout ça.

C’est pas la peine de venir me chercher quand je serai avec les bêtes. C’est pas la peine de m’envoyer vos fêtes épuisantes, je suis trop bête c’est pas la peine, moi je vous dis à toutes et à tous « salut les amis », je vous dit « allez, salut, je m’en vais », je vous assure que plus jamais au grand jamais vous ne me reverrez.

La campagne n’a rien à voir avec le camping. C’est pas à la campagne qu’on fait du naturisme, qu’on va dans les clubs échangistes. De toute façon à la campagne tout le monde est à poil, bave et titube et on s’en moque. À la campagne on ne va pas pleurer parce que le voisin fait un peu trop de bruit ou parce qu’il ne vous voit pas. On dort tous ensemble au milieu des mites, on forme une sorte de cocon laineux et purulent et si l’un d’entre nous se lève un peu pour voir un peu plus loin, vers la ville par exemple, la ville qu’il imagine avec ses vieux immeubles défoncés et ses jeunes qui se droguent, et bien on le laisse faire. Dans ce tas nauséabond, grisâtre et défoncé on le laisse faire, on le regarde s’éloigner vers la ville qu’il imagine, de toute façon on n’a plus d’épaules à hausser, on n’a plus de sourcils.

C’est pas la peine de venir me voir à la campagne, c’est pas la peine de ramener vos fronts plissés et alertes et surtout, ne ramenez pas vos jeunes plein de vie. La campagne se moque bien de la jeunesse et de son énergie débordante, ici on fait du crochet mesdames messieurs, ici on crochette les fils de mites à l’infini, ici on s’enfile des humeurs fumeuses de la ville et de celui qui, un peu plus intelligent que nous, se permet de l’imaginer.   

Il n’est pas utile de venir me chercher quand je serai avec les bêtes. Je serai momifiée depuis bien longtemps, enfilée informe sur un tas de pattes et de feuilles et il n’y aura rien à récupérer. Les gens s’imaginent qu’à la campagne tout se recycle, bêtement ou intelligemment, là encore c’est une idée fausse, c’est bien une idée des gens de la ville, à la campagne il n’y a rien à espérer, ni de la pourriture, ni de l’écrasement.

C’est bien la dernière fois, c’est l’occasion ultime d’entendre une dernière fois le je qui bat comme une petit oiseau en cage, comme un petit oiseau des villes qui appelle ses petits compagnons d’infortune, ce petit chant d’où s’échappe parfois quelques gros mots et quelques incitations, maintenant je vous laisse et inutile de venir me chercher, même si je ne suis pas encore tout à fait partie, inutile et vous pouvez brûler, tout brûler de ce qui un jour a filé entre nous.    

 

Les tranchées de satin

23/11/2008 - 14:51

 

Il avait, il avait mal à la tête alors un brin, d’abord les coquilles suintent, les aiguilles suintent les lignes minuscules il avait, il avait pensé à du rouge pour sa tête et il se demandait pourquoi les lignes, pourquoi les lignes rouges sur les bras de tous et de toutes les lignes rouges de la fête par terre par habitude ils se taillent ils se goûtent à la même seconde ils écoutent sur terre, ils écoutent ensemble ce que nous pourrions appeler une formation musicale ils égouttent ce groupe, peu importe le nom, peu importe l’égout, facile à retenir, un égout et un nom bien tranchant quelle évidence ! Quel nom, quelle évidence pourrait-on lui donner à ce groupe ? Il pourrait s’appeler par exemple, ils pourraient s’appeler il pourrait s’appeler

 

Les rasoirs de Satan !!!

 

Tu as vu, tu as vu dans la salle, tu as vu, tu as vu par terre, tu as vu dans la salle, tu as vu, tu as vu par terre, tu as vu par terre tu as vu la tête, la tête et le sang ?

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