merci jann-marc rouillan, car sans toi je n'aurais pas penser à écrire un livre, je n'aurais pas eu l'idée d'un livre où j'apprends à dire lentement les choses, un livre où je vais parler des amitiés, des amis et des ennemis, grâce à ton livre "autopsie du dehors", j'ai pensé à l'amitié profonde. j'ai pensé à ces deux mots associés : "amitié", "profonde". et ça m'a fait cogiter. est-ce que j'ai eu de vraies et sincères amitiés? quelles sont mes amitiés profondes? n'est-ce pas dans l'amitié profonde que naît aussi la colère, la haine et puis l'amerdume. oui, on a été ami, on n'est plus ami, ou alors on n'est plus ami que d'une image, d'un passé. ami des ombres. merci rouillan car souvent tu parles des gens et tout de suite, en deux mots, ils sont magnifiés. mais lorsque j'ai pensé à l'amitié, j'y ai vu des livres. l'amitié pour des livres et pour la personne dedans qui les a écrits. parfois cette personne est donc prisonnière de ces livres-là. l'amitié est maintenant pour moi essentiellement dans le souvenir. est-ce que j'ai encore des amis ("potos", comme disent certains personnages de ton livre) ? je veux dire : est-ce que je suis encore capable d'être bouleversé par quelqu'un, quelqu'un qui changerait ma façon de penser, qui m'encoragerait (et dans "encourager" il y a rage) à revoir ma copie du vivant, à faire autre chose de moi, à partir à l'assaut sans savoir vraiment ce que je fais, à être brouillon à en piquer un fard, à pas savoir expliquer, à être nul sans en faire tout un programme artistique, sans posture puisque complètement dépossédé, essayant juste d'apprendre à écrire et à vivre, à nouveau. toi, c'est ce que tu fais. "autopsie du dehors" (al dante, les illustrations sont de mc cordat), c'est vraiment l'histoire de quelqu'un qui réapprend à vivre, c'est-à-dire à écrire, car c'est par ce biais-là que passe ton inquiétude : "l'agencement d'une phrase entre deux points est (aussi) une prison", écris-tu page 66 de ton livre. merci donc, pour ce livre que j'aime lire et qui me donne des élans et un début de courage. car si j'ai du courage, j'écrirai sur l'amitié (j'aurais des amis).
Aux éditions du Dernier Télégramme, paraît le livre de Cécile Richard intitulé Marie Bornasse.
Propos de l’éditeur :
Marie Bornasse est une narration qui se divise en fragments. Chaque fragment vient nous faire découvrir Marie Bornasse et ses préoccupations essentiellement liées à la nourriture. Ainsi c’est toute l’histoire de Marie Bornasse qui nous est dévoilée dans cette langue qui est celle de Cécile Richard. Langue au rythme rapide et saccadé qui nous fait avancer, parfois en titubant dans la découverte de son personnage qu’elle définit ainsi en quatrième de couverture :
Marie Bornasse est une qui essaye tout, une qui écrit dans la terre, dans l’eau sale, dans la tasse de chocolat, dans la culotte, Marie Bornasse écrit et mange ses doigts. Marie Bornasse regarde des films, c’est une qui regarde des films en mangeant ses doigts et une foule d’autres trucs, Marie Bornasse écrirait bien une foule d’autres trucs inattendus mais ça prend toute une vie et l’amour aussi.
Cécile Richard questionne dans sa pratique de la performance le territoire du quotidien. Elle exprime, avec énergie, la possibilité de la rencontre de différents champs sémantiques qui interroge notre relation à l'espace et à la parole. Plasticienne, elle réinvestit le geste pour un tutoiement avec l'acte d'écriture. Déconstructions, reconstructions qui saisissent l'évidence du geste. Elle vit et travaille à Lille
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