François est à genoux sur le tapis du salon et il joue avec ses Légos il va bientôt devoir les ranger parce que sa maman prépare à manger alors François redoute le moment où cette maman va hurler A TABLE lui il veut pas manger tout de suite il veut continuer à jouer au western avec ses Légos la télé est allumée car François attend son dessin animé dans la télé il y a un petit monsieur qui parle mais François ne comprend rien à ce qu'il raconte François n'aime pas beaucoup ce petit monsieur parce que son papa il râle tout le temps quand il le voit dans la télé son papa se met à crier fort quand le petit monsieur parle au début François avait peur alors sa maman lui a expliqué son papa il crie parce que ce méchant petit monsieur dit que des âneries et la France va mal à cause de lui
mais François il se fiche bien de ce que le méchant petit monsieur raconte François il attend son dessin animé il veut pas aller manger il a pas faim en plus François sent que sa maman va hurler A TABLE d'une minute à l'autre il redoute ce terrible hurlement qui lui glace les os François il préfère jouer avec ses Légos Cow-Boys il aime bien les Cow-Boys François le méchant petit monsieur qui met la France en désordre il a l'air naze à côté de Clint Eastwood François il aime pas quand son papa se met à crier fort il aimerait que le méchant petit monsieur se fasse péter la tronche par Clint Eastwood des fois François fait rebondir ses figurines Légos contre le mur en faisant croire que c'est le méchant petit monsieur naze ça le fait rire mais ça fait pas rire sa maman elle le gronde parce qu'elle dit que ça abîme la tapisserie du coup François fait ça en cachette quand sa maman écrase la soupe avec le mixeur pour pas qu'elle entende
dans la télé le méchant petit monsieur est parti maintenant c'est la publicité François aime pas la publicité il trouve que ça sert à rien et en plus ça coupe ses dessins animés alors crotte il en a marre Clarisse elle aime bien la publicité mais François il dit qu'elle est naze cette Clarisse pas aussi naze que le petit monsieur qui sait rien faire quand même parce que c'est sa soeur sa soeur Clarisse elle va tout le temps faire les courses avec sa maman c'est parce que sa maman lui achète les poupées qu'elle voit dans les publicités du coup ça énerve François parce que lui on lui achète jamais rien
mais de toute façon il s'en fout François à force de manger la soupe que sa maman écrase dans le mixeur François deviendra grand et costaud comme Clint Eastwood ou comme Popeye le marin qui mange des épinards François aime bien Popeye le marin parce que c'est un héros qui pète la gueule au méchant Brutus Brutus c'est un gros naze comme le méchant petit monsieur du coup le jour où il sera fort comme Popeye et Clint Eastwood François sera le roi du monde et il pourra casser la gueule au méchant petit monsieur naze qui fout le bordel dans la France comme ça son papa pourra enfin regarder la télé sans crier comme un malade
A TABLE
horreur ça y est le glas a retenti François range ses légos à contre-coeur il éteint la télé alors que son dessin animé vient de commencer à chaque fois c'est pareil quand il est à table avec son papa et sa maman il doit regarder les informations François n'aime pas les informations car on y voit que des choses pas marrantes et y'a le méchant petit monsieur naze qui vient souvent parler François espère que le méchant petit monsieur naze ne sera pas encore dans la télé il aimerait bien que ce soir son papa n'aie pas besoin de crier fort.
arrivent les politiques. arrivent les politiques avec les concertations pour ventres creux. ventres creux ou bombés arrivent les politiques avec des messages en forme de couilles d'obus. couilles d'obus à bourrer les culs mous. arrivent les politiques et les gens avec aussi dedans. arrivent les gens avec les mêmes gueules en forme de couilles d'obus. les gens gueules remplies au mépris couille d'obus. arrivent les gens la crotte encore qui pend au cul. les gens encore la crotte et les politiques restructurantes au cul. les politiques restructurantes avec les gueules à couilles d'obus dedans. arrivent les gens. les gens qu'on dit c'est plus les gens. les gens qu'on devrait dire techniciens de surface. les gens qu'on balaye la planète. arrivent les gens qu'on dit va balayer plus loin ta gueule si j'y suis. les politiques dans la gueule de qui j'y suis avec les messages à bourrer les culs mous. messages pour crottes au cul et balayeur de surface planétaire. la surface planétaire dans ton cul à les gens. arrivent l'art et la politique dans les gens couilles d'obus. arrivent enfin l'art et enfin la politique avec la bande des philosophes armés. les philosophes en bande armée dans des grottes. les philosophes qui bandent dans la grotte avec les politiques qui bouffent le bifteck. le bifteck à grenouille de les gens pompe à cul. pompe à bière et pompe à fric. pompe à fric bourrée aux as et pompe à bière bourrée dans cul sécurit. bourrage dans cul sécurit à les gens. arrivent enfin les gens. arrivent enfin les politiques aux couilles mortes et pleines. fouille au cul sécurit. fouille et palapation crotte au cul avec la bande des philosophes armés. pompe à fric et pompe à bière avec de l'art remplie au noir sécurit. arrivée dans l'art avec les philosophes bande armée et fouille au cul sécurit. culs des noirs sécurit et viande grillée petits fours. petits fours avec pompe anale ou bière au bide. petits fours avec bourrage de gueule et opération sécurit. bourré comme des culs dans la grotte. la tête des gens de l'art bourrée comme des culs dans la grotte. la tête des gens de l'art des pompes à bière remplies aux noirs sécurit et séminale sécu. fouille et palpation avant les discours couilles d'obus.
j'ai un bon message pour toi. j'ai un message c'est pour toi. j'ai pour toi du bon c'est message et c'est pour toi. j'ai pour toi j'ai un message et c'est bon. c'est bon ce que j'ai. j'ai du bon du message et c'est pour toi. j'ai du message pour toi. j'ai du message et pour toi. j'ai du message et c'est toi qui est pour. et c'est pour toi voilà qui est bon. j'ai du bon du message c'est pour toi. c'est pour toi et voilà c'est tout bon. j'ai tout bon dans tout toi et message qui voilà. j'ai message et j'ai bon j'ai tout bon j'ai message c'est pour toi. et tout bon. j'ai tout bon tout bon. j'ai toi c'est bon. c'est tout bon. j'ai message. j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai. tout tout tout tout tout tout tout. toi toi toi toi toi toi toi toi toi toi. c'est bon c'est bon c'est bon c'est bon.
la compagnie des prout-prout-ma-chère. les prout-prout-ma-chère en bicyclette. les prout-prout-ma-chère bicyclette et pince à vélo. la compagnie des prout-prout-ma-chère avec des mots à déguster bicyclette et pince à vélo. mots à goûter déguster chuchotis chuchotas. chuchotement à poil dur. chuchotement à poil dur dans l'oreille à cul mou. tous les culs mous écoutent. chuchotis chuchotas. poil dur. poèmes au ras des culs mous et prout-prout-ma-chère en bicyclette et pince à vélo.
Sarkozy c’est le politique contre soi, le politique pour la politique de la fermeture et du recours à l’identitaire. Qu’est-ce que l’identité ? un mot galvaudé, repris par les culs de jatte de l’esprit, les cafouilleurs en sensations et les politiciens qui pensent au rabais. Pour parler de l’identité il faudrait déjà parler de ce que c’est que l’expérience, de ce que c’est que l’intime. L’intime est l’expérimental de soi, c’est une imitation aveugle de ce qui nous vient de partout. Nous sommes d’énormes capteurs à sensation, nous sommes de vraies baudruches vides qui ne demandent qu’à se remplir de savoir. Mais lorsque nous parlons de nous-mêmes, lorsque nous y allons de notre petite expérience de vie et lorsque nous nous abandonnons à notre biographie, nous faisons injure à ce qui nous est intime. L’intime ne passe jamais que par des choses trafiquées, car l’homme depuis qu’il n’est plus singe est dans son devenir technologique, quoiqu’il fasse. L’homme utilise la parole et cette parole, cette voix toute spéciale, ce faux grain de voix, cette langue qu’il dit toute personnelle ne lui appartient en aucune manière. La parole est la première invention, la machine première qui lui fit se détacher du naturel. Ce n’est pas forcément glorieux, mais tout appel à un retour à la chose naturelle est une même aberration que les replis douteux dans la communauté et dans la chose identitaire. Aujourd’hui, il n’y a pas plus intime que ce qui sort par la bande et qui nous vient d’une absence momentanée de notre corps en propre. Propreté et identité sont des mots abjects qui n’ont rien à voir avec ce qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. L’intime est externe, l’intime ne vient pas de soi, l’intime est l’anti couverture à soi, l’anti repli, mais plutôt le perméable qui nous vient du dehors, par toute la vie au dehors. Pas d’intime en soi, sinon porté par dehors, habité par dehors et habillé par l’autre. L’autre est porteur de notre intime. L’autre en tant que parleur et écouteur et vivant nos expériences, l’autre nous rapporte à nous-mêmes mais par des chemins de traverse, des chemins détournés, par les objets diversifiés de la parole (et qui, certes, sont aussi utilisés pour la communication et les appels aux replis identitaires du monde politique et médiatique). L’intime passe finalement mieux par la trame des objets qui servent à nous prémunir de l’identité, c’est par-là que va passer l’expérience réelle de soi et non par ce qui sort réellement d’un soi qui serait le trou, le vide expérimental. Soi est le saut dans le vide et dans l’absence d’identité, soi n’est pas dans la question de l’identité, l’identité est une chose imbecile qui ne traverse rien, soi est plutôt dans la traversée nomade de tous les corps, corps de paroles et d’affects et corps de présences multiples, corps de temps et corps d’absences à tous les niveaux, tous les niveaux de l’absence se conjuguent pour former l’être, tandis que l’identité est un faux plâtre qui fait croire à la personnalité. Il n’y a pas de personnalité, il y a des absences conjuguées qui forment un individu, des absences et des étirements, des impossibilités et tout un tas de surprises qui font bondir son esprit hors de la communauté, tout un ensemble de mystères et de sursauts qui arrivent dans l’existence, les étrangetés le travaillent, la bizarrerie le questionne, c’est tout cela qui peut façonner l’individu plutôt en quête de ce qui ne lui appartient pas que ce qui lui est proche, c’est-à-dire identitaire. L’identité est l’appauvrissement, le vieillissement, tout ce qui rassemble identitairement est un vieillissement irrémédiable. Mais pour contrer l’identité ce n’est pas nécessaire de manger autrement, ça se fait seul et dans l’absence de repaires trop inscrits, trop guidés par des adultes en mal d’inspiration (identitaires ?). Il suffit juste de laisser traîner des livres parfois, pour que l’étrangeté nous vienne. C’est là le problème d’aujourd’hui, c’est de faire croire qu’il faut emmener l’autre à sa pauvreté pour qu’il change. L’autre au dehors, l’autre dans son autre est aussi pauvre et ce n’est pas forcément là, dans l’attouchement et dans un réel trafiqué d’apparences que l’on va rencontrer la bizarrerie de soi, le vide de quelque chose qui nous attire et nous forme, c’est aussi par les signes indistincts que l’on s’accroche, par un débordement de signes, de paroles, de noms, de vitesses différentes, de sons que l’esprit voudra manquer de souffle. L’identité est un souffle coupé, parce que trop dans son souffle personnel, un ratatinement de la luette, un essouflement rapide et des idées sans consistance, tandis que soi apprend à perdre le souffle parce qu’il saute dans le vide. Les communautés sont ce qu’il y a de pire pour la jeunesse qui ne demande qu’à vivre, c’est-à-dire à sauter dans le vide de l’autre. Et l’intime du politique alors ? Et l’intime de Sarkozy dans tout ça ? C’est comme les mauvais romans autobiographiques. C’est comme les mauvaises pièces de théâtre avec tout le tremblement dans le grain vrai de la voix nue. La voix vraie et nue de Sarkozy n’est pas encore pour demain. La voix vraie du papa-razzy président. Ne faisons pas confiance à cet homme qui, plus qu’un autre, joue avec son intime, car ce n’est pas ça l’intime. Beckett nous l’a montré avec la Dernière Bande. C’est la machine qui explose et déraille et l’être est dénué face à cet intime furibard. Mais ce dialogue dans l’énervement le construit plus qu’il ne l’abime. L’être Beckettien est en forme, contrairement à nos clônes politiques, car l’épuisement de ses personnages forment la trace d’une vérité à l’existence, une vérité que tous les discours politiques et les replis identitaires nous dissimulent.
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