Charles Pennequin et Armée Noire

chroniques d'un paquebot

Chroniques d'un paquebot

31/07/2009 - 00:00
31/07/2009 - 23:59

Deux jeunes gens se tenaient là à discuter sur le rebord d’un trottoir à discuter

 

Et à boire une bière ambrée de noël avec une écharpes à pois vertes et des biscuits Dans les poches Il était question du temps du bon et du mauvais et aussi du ciel et des oiseaux de l’heure et des gens qu’ils envoyaient

 

Dans les nuages qui sont bleus et blancs parce qu’ ils sont ainsi

 

Les gens dans leurs allures vives et rapides Comme ils parlent vite Comme ils parlent fort les gens À la télévision

 

Sur le rebord d’un trottoir il y avait aussi une femme avec un sac de voyage

 

et une écharpe verte qui disait à une autre personne assise sur ses genoux c’est à dire agenouillée avec des yeux sombres

 

Avec une peau fatiguée et travaillée Et des yeux aussi pliée sur le trottoir

 

Une gitane « en tous cas j’espère que je vais un jour récupérer ma place madame n’est-ce pas madame car j’y tiens moi  à votre place disait la dame Pendant que je tirais de l’argent avec un fil de cintre la belle dame un peu âgée quand même et

 

Au cheveux jaunes qui n’est pas revenue s’est enfuie » par la fenêtre du bar restaurant des gens mangeaient des soupes

 

Et d’autres les regardaient en passant vivement sur le trottoir qui s’amollissait par endroits

 

Lorsque d’autres personnes se disputaient ou se marchaient dessus par endroits

 

Les fleurs verdissaient à travers des vitres dans des bains lumineux aux fils qui partent des cils aux paupières et plus loin

 

Sur un vélo quelqu’un klaxonne une voiture car le vélo manque de se faire écraser Je me rappelle comment elle me regarde quand je bois un café tous les deux et que les temps sont calmes nous retournons deux années en arrière

 

Avant que l’organisation carcérale de son cerceau dans sa tête et son cerveau ne tanguent

 

Elle entend des voix et je me souviens de son regard au café quand tout était calme et placide  et sous ses paupières et sous les miennes et dans

 

Sa gorge aussi que je regardais en buvant par petites lampées un café double tandis que sur la banquette verte en cuir et le bruit des discours

 

Qu’elle touillait dans son chocolat chaud avec de la crème chantilly et du chocolat noir

 

Les fenêtres se mirent à vrombir et personne n’entendait les cris des personnes dans les airs

 

Par moment par ailleurs on entendait très bien mais d’une manière confuse et plus ou moins diffuse comme un tissu De brouhaha des gens qui marchent très vite sur le trottoir mais moins vite qu’un avion ne le fait et moins vite aussi qu’une libellule ne le fait Les deux jeunes gens buvaient leur bière ambrée en se plaignant du manque de neige et de leurs insomnies

 

Puis une crise surgit D'une crise dans les écoutes des dialogues se mettent au jerk dans les discours et Mona la jeune fille termine son chocolat

 

Et me dit qu’il est temps de partir marcher prendre l’air car à cette époque tout était calme et placide et qu’on arrivait à marcher ensemble et dans les rues désertes

 

Parfois moins que rien nous chantions nos colères et nos disputes de la tête quand cela n’allait pas Elle n’entendait pas de voix et l’on ne s’entend plus vraiment sauf par moment avec les pieds et avec les yeux

 

Car nous prenions très peu de temps à l’époque le métro et l'armée et qu’elle n’était pas entrée dans une très grande fatigue Et qu’elle y est encore à l’heure qu’il est Le silence radio nous émeut et les voix du métro Lui résonne dans sa tête et sans raison

 

Les deux jeunes gens se jettent de leurs cigarettes et sans raison s’engouffrent dans le café restaurant pendant que d’autres en sortent et qu’il pleut de la bruine.

 

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