je retourne enfin dans mon appartement. rien a changé si ce n'est des générations spontanées au niveau de l'évier. cacahuètes. j'allume le poste de télévision. on y parle de bavures. et d'un petit village perdu. les convives arrivent. endimanchés. vous prendrez bien quelques cacahuètes? ils me les lancent au visage. en riant. cacahuètes? en riant. je pars chercher une grande assiette. j'y dépose des yeux et quelques pieds de veaux. les convives tripotent à la télécommande. me disent qu'il faudrait changer de chaînes. de nos jours. etc. après les avoir saoulés d'alcools les convives remettent leurs manteaux. et dansent en se tenant par le bout des doigts. rots. relents de picrate. une fois sortis. tous embarqués. faire le tour du monde. rire. sortir du frigidaire. je regarde l'heure. bientôt. mon psychiatre ne va pas tarder. il va. comme à l'habitude. tout faire pour me déshabiller. il me déshabille. à poil. je veux bien. mais il me faut du chauffage. ça caille ici. le type se jette sur le radiateur. trente minutes passent. et je compte les gouttes sur son visage. je continue mes gestes obscènes. m'empare de ses stylos. les fais avaler à mon cul. rire jaune du médecin. cacahuètes? il commence à rire franchement. il me tend une écharpe pour que je la noue à mon cou. j'ouvre la fenêtre et gueule. J'AI UNE ECHARPE AU COU. je continue à vaquer dans des traverses mal éclairées. des visages familiers. d'autres moins. et des activités neuronales électriques et sexuelles. le psychiatre s'énerve et fait valdinguer son bureau qui vient s'écraser sur mes tibias. il tire très fort sur mon écharpe. il commence à faire chaud. je m'étrangle et crache des cacahuètes à son visage. je commence par dire des trucs à propos de l'acidité des cacahuètes. des aigreurs d'estomac. et de la mort de ma chienne hier. je lui récite quelques extraits de mein kampf. il court se pendre. dans son placard. après avoir pris soin d'uriner sur mes orteils. sur le sol des photos de famille. et des feuilles blanches. la jeune fille boit une tequila dans un bar sordide du connecticut. je cours vers le vestibule. le type gesticule et tire sur la corde. serrée à son cou. je le déshabille. prends ses vêtements. les mets sur mon corps nu. et souris bêtement. je descends les escaliers. sors dehors. embarqué. une fourgonnette de flics m'a distingué. sans prêchi prêcha ils me tirent par les cheveux. et me montrent leurs godemichés électroniques à ondes électriques. ils m'interrogent sur ma profession. je leur dis qu'ils font erreur. ils insistent. j'invente quelques menues conneries à propos d'un anorexique de douze ans. ils me laissent sortir au bout de trente ou quarante minutes de rires et de cacahuètes acidulées. les touristes klaxonnent les éboueurs. il est sept heures.
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