Charles Pennequin et Armée Noire

naufrage

Fini, le paquebot étoutéchoué

28/09/2009 - 23:26

Mona entend des voix et n’arrête pas de boire Tout ce qui lui traine dans les mains Une rivière de cendres qu’elle a bu d’un trait et les rires du plexiglas viennent résonner à l’intérieur
Sur le seuil de la porte les gens se disent au revoir et le bateau prend l’eau
D’autres personnes s’absentent et l’une et l’autre Mais l’une d’une parle de son enfant et qu’elle doit travailler et trouver une crèche que cela sera plus dur peut-être plus dur pour elle que pour son bébé mais qu’il faut travailler
Les fenêtres vrombissent mais on n’entend pas les gens qui crient à l’intérieur
Le paquebot prend l’eau et nous sommes très malmenés mona me parle des kiwis et nous prenons une tangente pour s’envoler
Malheureusement les ailes lui manquent
Et je ne m’envole pas et nous buvons un verre en compagnie de personne.

Sous la sueur missel y'a jamais eu d’onguent Des misères sur l’œil Du vent dans les carcasses souillées de nos terreurs du vent et de la pluie qui nous glacèrent un soir
Qu’on s’endormait tous les deux sur un rebord de trottoir on a oublié la télévision
Mais parfois sur l’endroit de nos tristes on pose une gerbe qu'on nous liquidifie
Force d'erreurs de travail dans les semelles de plomb les ententes des voix Les saouleries de l'âme
Alors je tangue aussi et je m’invente des sentiers disparus où l’on pourrait poser des mines en formes de fleurs Des firmes mornes Noires de peurs.

On regarde des séries de gens et d’évènements qui sont fictifs mais pas tant
On visite des cimetières et des caves et aussi des tombeaux et des lances d’acier Nous perçons les paupières qui se trouvent aux doigts Un homme tombe ivre mort qu’on vient le relever dans un bar avec beaucoup de musique dedans L’acier des tombeaux de mona fait une prison pour qu’on se protège des couleurs de la violence qu’on a fait l’amour nus Sur un fond noir et coloré il se compose des viols aux côtés de l’homme tombé qui s’évapore dans les vapes de l’alcool
Quelqu’un crie à l’intérieur qu’il faut le faire sortir et prendre l’air pendant que mona visage un mur blanc avec de très grands yeux
Des gens disent qu’elle est belle et d’autres s’occupent de l’homme titubant
Elle regarde le mur blanc avec de très grands yeux
L’homme se met en boule et s’endort quand un policier arrive et l’emmène au trou pour son état d’ivresse Il s’endort face au mur.

Je descends d’un arbre et dans deux heures je m’évide Elle me regarde en train de rentrer le couteau dans mon ventre et cela semble l’exciter L’autre personne qui décide de courir en slip dans les rues pour elle et son amour
Le silence des réverbères et des dialogues Le feu rouge et soudain  -des millions de libellules.

Sur fond de perversions les amours s'animent pour retomber comme du sel sur les carcasses des baleines Les seins de la baleine sont énormes pendant que des individus de sexe masculin se masturbent et que deux autres individus filment le tout et qu'un nombre incalculable d'yeux se cristallisent Mona pense à des instruments de forme et à des chapeaux de forme et n'y pense plus L'individu dirige sa caméra vers le bas pendant que la grosse baleine lui susurre des choses coquettes à l'oreille Mona pense à des instruments de forme et à des chapeaux de forme et n'y pense plus L'individu se demande comment faire croire à l'existence d'une boule blanche sous un chapeau haut de forme opaque ne contenant que deux boules noires
Mais censé en contenir et une blanche et une noire
Sur la grève le cadavre de la baleine qui s'est suicidée durcit de sel
Il se propose d'en avaler une immédiatement après avoir constaté l'existence des deux boules noires sensées être bicolore si bien qu'après il peut en recracher une ou bien la digérer pour ensuite la re-chier
Mona pense à des instruments de forme et à des chapeaux de forme et n'y pense plus Elle se demande si le blanc et le noir font des couleurs.

Il pleut dehors la marche est longue Comme quelqu'un l'a déjà dit Quand il pleut c'est que dieu il éjacule Mais mona s'en fiche de ses éjaculations et ne s'encapuchonne pas comme un chien mouillé a horreur de la pluie Qui a horreur de la pluie du chien mouillé ou du maître puant Mona s'en fiche de ces questions Des siennes de celui ou de l'autre ou de tous les autres Quelqu'un poinçonne son rationnement et un autre stationne sur un espace réservé à ses jeux de billes ce qui fait qu'elle n'est pas contente et se réserve le droit de le dire Comme quelqu'un l'a déjà dit la pluie peut tomber tout droit ou de biais.
 
Pour s'installer dans un écran on l'a coupée tous les doigts on a collé ses mains à l'écran si bien qu'on voyait des doigts Qui ondulaient dedans si bien que ceux-là hypnotisent Et dans l'arrière salle les gens se lèvent de colère puisqu'ils sont déshonorés à leur juste titre Et à leur juste goût De là un chien hurle à la mort Une voiture lui rompt les os et fait de la pâtée pour chien Mona continue de regarder ses ersatz de doigts qui font comme des filaments pendant que ses vrais doigts quittent le ou la vase et se regroupent en troupes.  

Un vieil homme avec des métastases au cerveau dit que dieu lui a dit qu'il est à l'aube de sa vie Des médecins annoncent une triste nouvelle à une famille qui s'effondre comme une folie la très vieille tour Le vieil homme dit qu'il faut l'enfermer dans une tour pour qu'il aille sauver sa mie en marchant sur un arc-en-ciel rouge et noir pour continuer de rêver et s'en aller heureux Tout le monde lui dit D'accord.

Pendant ce temps je danse et me déhanche et Mona me regarde d'un mauvais oeil D'un oeil mauvais Elle qui enquille les verres sur le bar d'à côté pendant qu'un barman maladroit la drague du coin de l'oeil Un type vient me baver dessus que je déhanche trop fort ma bite trop près de son gros trou Mona intervient et s'en prend une J'interviens je m'en prends une On se retrouve dehors en souriant Il pleut Je ressuie les gouttes sur son oeil tout gonflé Rouge Elle fait de même.

Je me souviens d'une danse qui a très mal fini parce qu'aucuns des danseurs n'avaient de bras et pourtant ils voulaient tous autant qu'ils sont s'enlacer s'embrasser et s'aimer pour toujours mais il continuèrent à danser jusqu'à épuisement.

On a fait l'aurore Un temps de latence Entre un continuum De pensées et de dires et d'actions opaques C'est pourquoi l'homme qui sort de sa maison met des lunettes de soleil et qu'il affronte un espace vaseux pour aller rechercher la bague qu'il a perdu au fond d'un marais Qui entoure toute sa maison La blague entourée au fond du marais Le jeune adolescent gagne son pain se faisant passer pour une vierge qui aurait envie de faire des visioconférences Temps réel On entoure l'enveloppe sexuelle d'une b(l)ague et on cherche l'amour avec sa carte bancaire.

La nuit claudique L'homme s'embourbe et la gadoue rentre à l'intérieur de ses cuissardes l'homme s'embourbe.

Mona n'apparaît pas dans le paysage mais pourtant je pense qu'elle y est pour toujours comme la b(l)ague au fond de l'étant Mona n'apparaît pas toujours.

Deux jeunes gens se tenaient là à discuter sur le rebord d’un trottoir à discuter
Et à boire une bière ambrée de noël avec une écharpes à pois vertes et des biscuits La petite fille dit les cadeaux qu’elle a acheté dit « pour ma maman une robe de chambre et pour mon papa une calculatrice et j’ai aussi acheté une autre chose mais je ne peux pas le dire car c’est pour toi »

Les deux jeunes gens qui se tenaient là à discuter arrêtent de discuter et rentrent à l’intérieur Pendant ce temps la petite fille raccroche le combiné du téléphone et va regarder la télé La petite fille est une femme et c’est aussi la mère d’un des jeunes gens qui se tient là On paie la note et on s’en va dans un appartement Dedans pendant ce temps il se passe plein de choses dans les yeux des gens.

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