Charles Pennequin et Armée Noire

blog de tomas sidoli

une jetée

25/04/2011 - 00:26

tu es mort | et c'est un jour | et thomas est jeune | il fait jour | ne lit plus le Financial Times | bien qu'il soit en une économie - toute différente de n'en être pas | derrière lui une plage - compacte d'eau de bruine en surface | rapprochant chaque grain à un autre | sur des mètres carrés | du sable | et en dessous | des grains moins soudés d'un manque d'eau | encore un temps à filtrer une bruine | pour que certains sous-grains de plage se rapprochent | et un corps jeune, aux jambes imberbes shortées, chaussetées de cotton blanc, de baskets taille 37, et une tête à cheveux blond, abondants lors qu'ils ne l'étaient plus | et une paire de verres - enserrés en une monture plastique bleu très fin de siècle, années nonentes du début | et derrière deux iris vert | derrière une plage | et devant | dessous ce corps | une jetée en pierre | inembarquable | en dos d'âne | formant un port de pêche - de fortune - et quelques bateaux - pêcheurs - derrière ce brise-vague |


                                                                                                             une mémoire encore | hélas | encore une, qu'il faudra tuer | d'une manière quelconque | en une façon | et un oubli sur une jetée | un oubli à matérialiser | quelqu'un du haut d'une falaise donnant sur | cette jetée oubliée | récitant et - et - et - et - encore et | une bruine d'un matin et un corps encerclé | une jetée et au bout un rocher | d'une dizaine de mètres de hauteur | avec escalier taillé à même la roche | une roche glissante de bruine | ici une molécule d'eau ne rapproche pas | fait partir | un pas mal placé et une jambe en arrière et un genoux opposé s'entrechoque contre une marche de roche | et deux corps liquides s'excluent | un plus épais que l'autre | quelques goutes d'épaisseur | et enfin un corps en haut de cette roche promontoire | et quelqu'un toujours observant du haut d'une falaise | tandis que la bruine encercle de brouillard ce jeune corps | en une fin muette de cinéma | toujours les raccourcis | d'une mémoire | préferant revoir plutôt que voir | et les commentaires | toujours commenter ce que l'on croit revoir | et un oubli ne s'oublie pas comme cela | si seulement | et si seulement alors que toujours seulement ceci au lieu de cela | ou l'inverse | c'est selon | encore quelques goutes de sueur | d'une pâte rouge épaisse sur un genoux | et une monture bleu enfin disparaît | car que faire d'autre | il le faudra disent-ils | tous disent qu'il faudra qu'il disaparaisse | être précurseur c'est dire qu'une chose disparaîtra | ils sont nombreux à dire ta disparition | je disparais lis-tu | je sais, je viens de le lire | ce qu'ils dirent | et quelque rime encore | pour sombrer en un raccourci de plus | et un et de plus | pour mieux oublier | à force de et je serai un oubli | je m'oublie de plus en plus ici | là il s'oubliait

 

histoire

13/02/2011 - 00:00

je ne vais pas vous gêner avec ses histoires - mes histoires écrites comme elle dit -  d'écriture. ce n'est pas que ce soit une honte, plutôt une gêne. c'est compréhensible - me semble-t-il dit-elle - qu'on ne veuille pas gêner les gens. il y a des gens et il ne veut pas les gêner. ce n'est pas une honte dit-il, bien que ce soit une honte d'écrire dit-il, sans fin, si loin de toute finesse. souvent, elle a tellement peur de gêner qu'elle écrit il pour dire elle. et l'inverse, mais que lorsqu'elle a honte. car cela la gêne de dire honte. les gens sont gênés par ce mot, ils se le renvoient à toutes leurs lectures, et ils disent qu'elle veut faire sa philosophe avec ce mot, ou, pire, elle fait sa bonne soeur. juste parce qu'il a eu le malheur de dire un mot qu'elle a écrit. devant tous, et en étant gêner, en plus. alors qu'ils nous l'ont volé ce mot. c'est eux qui devraient avoir honte, de nous gêner comme ça, en reprenant nos mots. et une histoire lui vient, c'est une histoire à elle, une de ses histoires dont elle aurait honte qu'elle gêne quelqu'un. pour une raison simple qu'elle n'a jamais aimé les sans-honte, comme ceux qui volent les mots tels que honte, et pensée, et idée, et toute une horde de mot qu'ils ont volés, qu'ils ont cachés, dans leurs petites bourses en toile, naguère de tissu et jadis électronique. ou l'inverse, il ne sait jamais lequel est jadis et laquelle est naguère. quelque part, au point où elle en est, cela revient au même. et dans cette histoire, une des siennes, mais qui ne lui appartiennent point, les mots enboursicotés sont mis en circulation. et il y a des gens qui se servent. ils viennent et ils voient qu'il y a des types qui ont volés des mots, et qui ont mis tout ça dans un sac en tissu, dans leurs petites bourses. et les gens, pas tous, mais quelques-uns, ils voudraient bien un peu des mots. ils sont un peu en retard, il y en a déjà qui ont volé une grande partie. mais ces voleurs, loin d'être bêtes, ils disent au tard venus, si vous voulez, on vous écrit une partie du mot sur un papier, et on vous met ça dans un porte-document, et comme on aime le latin, on va dire que ça s'appelle un portfolio. et les tardifs, ils sont tout heureux, ils ont des porte-document avec des mots dedans. et les voleurs, ils ne sont plus voleurs, ça s'appelle des philosophes maintenant, ou des théologiens, ou autres choses, mais il y a plusieurs branches de voleurs. et ils vendent des bouts de mot aux gens aux porte-document. et ils leurs disent, vous pouvez les échanger, ou les revendre, ou les garder, ou les donner. peu nombreux sont ceux qui donnent. mais il y en a quelques-uns. et les philosophes ils disent que ceux qui portent les mots achetés ça s'appelle des citoyens, même ils écrivent que les vrais mots ce sont eux qui les détiennent. ils disent nous disont vrai car nous avons les vrais mots. vous, les citoyens, vous n'avez que des copies, des prêts. mais vous pouvez échanger et vendre tant que vous voulez, mais vous nous devez ces mots, ces mots que vous portez en document, en folio.

elle a honte de l'écrire, tellement c'est évident, mais ça c'est le début de l'histoire. c'est au tout début des mots, de la manière dont ils sont stockés. avant tout le monde avait des mots, et ils les donnaient, ils en recevaient, des fois pour recevoir un mot, il fallait en dire dix, mais la fois d'après, en disant rien ils en recevaient cent, ça dépendait des fois. c'était joyeux, hop quelqu'un disait t'es bonne et on lui disait parle pas comme ça de ma fille petit connard. ou il disait rien et on lui disait vient par là mon petit mignon, je vais te chérir comme nul autre ne t'as enrichi. ça dépendait. mais un jour, et c'est là qu'est notre début dit-elle, ils vinrent et dirent que tel mot devait correspondre à telle chose. avant les gens étaient un peu cons, ils n'avaient aucun sens de l'économie. pour avoir un mot ils en disaient parfois des centaines. ils savaient pas jauger, pas évaluer. et les voleurs ils arrivent. eux ils inventent un truc ça s'appelle l'économie. on prend un mot et on lui donne une valeur. par example, il y en a un qui arrive, et il dit, une idée, c'est une chose qui n'est pas autre chose que ce qu'elle est. voilà, shlack, c'est économique. en quatorze mots il dit ce qu'est une idée. et les autres ils sont pas tous d'accord, mais comme avant ils devaient boire beaucoup, et parler des fois pendant des jours avant de dire ce qu'était une chose, pour se mettre d'accord en somme, ils sont d'accord quand même. parce que ça simplifie quand même les choses. et ils sont un peu paresseux. ils se disent, il a fait le travail pour nous alors on est d'accord. et l'autre il dit, j'ai fait le travail pour vous alors vous me devez. vous pouvez emprunter mes mots, mais faut dire qu'il m'appartient, sinon je vous fous hors de la cité. c'est un autre truc de l'économie la cité. c'est encore une histoire de travail et de paresse. ceux qui disent avoir les mots, ils font des murs aussi, pour pas que les mots s'échappent, pour mieux les garder dans la bourse. et c'est vrai que c'est moins fatigant. il y a désormais des gens, les paysans, et ils font à manger pour les autres. tout ce qu'il faut faire, c'est avoir des mots, on les échange et on nous donne des pièces en retour. et avec les pièces on peut manger. mais seulement si on gère bien les mots. au bout d'un moment, les gens oublient les mots, ils ne pensent qu'aux pièces, parce que faut bien bouffer.

et ça se passe comme ça, pendant des siècles. il y a de temps en temps des gens qui disent que les philosophes ils ont volés les autres, qu'ils se sont tout approprié. c'est gens-là, c'est les idiots du village. ils sont même pas dans la cité. on rigole, les gens disent ah! il est rigolo celui-là! un vrai blagueur.

les gens, ça les fait rire parce qu'ils sont gênés. quelque part, ils se souviennent qu'avant les pièces il y avait des mots. mais c'est trop de travail, alors mieux vaut la fermer. en plus, avec le temps, les pièces n'égalent plus les mots. avant une pièce égalait un mot. et maintenant même avec des centaines de pages de mots, c'est pas sûr d'avoir une pièce. c'est pour ça que ça fait rire les gens.

des fois quelqu'un pour dire elle écrit il. là, les gens ils rient tellement, qu'ils mouillent leur pantalon. ça les fait rire parce que les philosophes ils disent que elle c'est elle et pas il, alors ceux qui disent l'inverse c'est des idiots. ils disent nous on est sage parce qu'on est les amis des amis de la sagesse. alors on dit elle pour elle et il pour il.

c'est à ce moment là de l'histoire qu'elle avait honte autrefois. avant, elle se retirait dans sa chambre et elle pleurait. parce qu'elle n'était pas sage.

désormais, elle continue son histoire dit-il, parce qu'elle est gênée pour les rigoleurs. mais ça ne l'a fait pas rire, au contraire.

pipes entubées

15/11/2010 - 15:19
15/11/2010 - 18:42

c'en est terminé de ma mémoire | une mémoire de lui terminée, en lui, c'est-à-dire toi, pas moi, moi je ne fais que commencer, je me commence une mémoire, une mémoire commencée par une mémoire terminée | elle me fuit par tous les neurones, ils se délient, se fuient, là-haut, ils se fuient de leurs imaginations une mémoire vidée | je lis les fuites, en mes yeux se lient ses fuites, se construit ma mémoire de la sienne perdue, oui, un transfer de mémoire, il vend, tu vends, j'achète, plus tu tapes plus tu vends, chaque lettre une action de toi à moi, une transparence, des transactions, ma mémoire un porte-feuille d'action tiennes, j'achète, oui, je prends, ça monte en moi, je grimpe ton cours, je prends tout, pas tout, ce qui m'intéresse, pour mon porte-feuille, tes actions je me les approprie sidoli, à moi, j'accumule, pas tes déboires, tes mots, ta syntaxe de petite fille, tes pipes de salope | mes pipes | tes tubes disent-ils | my pipes say they | un tube, une pipe, et une chaine de processus | on s'échange dans un terminal, je me fais entuber par tes pipes | par tes tubes je t'empipe ce que je veux perdre, pardon vendre, oui, un terminal, un marché de littérature | prétentieux | oui, disons des mots, des petites particules de syntaxe pipées, tubées, ici | dans ma tête des pipes | moi une pipe toi un tube lui un pipe nous une tube | simple comme bonjour | pas si simple dit-elle de dire bonjour | non | parfois oui | il me perd dit-il | ses toboggans de mots me perdent dit-elle lui dis-je de lire | et ses pipes en plus, pour bien aller et venir, je viens | une pipe et je viens | un tube où m'enfoncer dans ta mémoire que tu termines | je ne termine pas je liquide | j'évacue par les pipes, les tuyaux se vident de sa mémoire | il faudra qu'il soit à sec | à la fin je serrai à sec, il le faut | et toi tout pourrissant de mes mots stagnants | sans épithètes | avec épitathe | sauf pour les morts | oui eux non | des épithètes pour eux, un grand mort, un mort collabo, un céline sémite, un rebatet musicien infernal | ah!... la petite musique!...| d'un autre, pas la sienne, pas là cette musique, ici celle-ci | | | une musique pipée d'une mémoire | siphonne moi le trou | et pas qu'un | non tous dit-il lis-je | tout, ses neurones de trous siphonés par moi | nous | non moi dis-je | vous serez nous | à force | j'espère - quoique - sans doute | c'est un peu poussif tout ça | pas bien au point ta musique | trop petite encore | oui toujours cette histoire de la plus grande | non la plus grosse | ta grosse musique siphonnée | ça passe pas | parfois petit c'est mieux | oui, quand serrée, mieux vaut une petite nerveuse | qu'une grosse feignasse - hahahahahah - elle est bonne lis-je dis-tu | c'est elle | elle te l'a dite | oui et non dit car blague | quelle finesse | c'est purement grammaire, voir sommaire | tu dis | je dis qu'il te faudra tout me lire | achetez tout, il n'y a plus que ça à faire | prenez tout | sidoli lance son OPA | si tomas avait un public | oui il le faudrait | pour que ça marche | sinon pas d'offre | faut de la demande | offre - demande - profit | pour qui | pour toi qui me lit | te lis-je | je pense que oui | il pense, c'est nouveau ça | une pensée vieille, c'est toujours nouveau dis-je | c'est à moi ou à toi | plus personne ne sait | pourtant, il suffirait de suivre | oui | allez 10011001 | un pipe égal 1 | 1 tube égal 0 | et ainsi de suite | c'est simple, binaire | ça se compliquera | en lecture il faudra que cela se complique | à cause de vous | de nous | oui | car les zéros se multiplieront | mais pas les un | les un se vident | c'est tout l'exercise | et un bilan | mes actions se vendent | si seulement, ça éviterait d'acheter | où est le mal | il n'y en a guère plus | tout se pare bien désormais | c'est bien ce que je lis | je ne voudrais pas | c'est bien de pas vouloir | ni pouvoir | toujours les mêmes mots | ils ne s'épuiseront pas | ils le sont déjà, d'où leur survivance effarante | t'aimes bien ça toi l'effarant | oui c'est ça | c'est poussif | ça pousserait au cul que ça irait plus vite disent-ils | les cacophages | faut bien bouffer bien | je préfère mal bouffer | des farineuses | ça fait une belle béchamelle en bouche | des lasagnes de langue | des abats | un foie, des rognons | des reins | non des rognons | ah oui c'est comme une verge | ou couille | faudrait indéxer tout ça | un index rose-neutre | ros|en|eutre | - tu ponctues - | et les virgules, les voilà, | mais pas de points, que des lignes, | mêmes verticales | parce que ça suffit l'horizon | un peut de bassesse | donc de hauteur | s'il en reste je prends | pour mieux descendre au fond | tout au fond | j'y suis | de la vient cette clarté | par une grammaire | une lettre écrite | c'est tout clair au fond | un pixel tapé | je me tape des milliers de pixels par jour | où sont-ils | ils vivent cachés, c'est pour ça qu'il faut vider | ma mémoire vide ta mémoire que tu vidas à d'autres | pourquoi faire simple lorsqu'on se peut composer | que tu as vidé | merci | non faut pas | pourquoi | rallonge c'est pour ça | j'eus voulu commencer ce vide par | pour qui pour quand pour qu'où | sans qu'ils me le demandassent | sans te faire lire je | c'est-à-dire le faire dire | c'est-à-faire toi de moi | qu'il puisse enfin s'échapper | en s'échangeant | d'apparitions en appropriations | dans les flux | oui | capital cette idée | une idée de capital d'aujourd'hui | fuir notre siècle | le long dix-neuvième | on en est encore las | aucune avancée | il se lève le matin, il se dirige aux toilettes, il baisse son slip, s'assoit sur la lunette, se vide, prend une feuille, ou deux, qu'il plie, et déjà il est dans le capital | une affaire de papier chiotte | c'est simple | même avant, dans le lit, une affaire de capital | et jusqu'où il marche lorsqu'il est chez lui | jusqu'à la lunette, jusqu'à la merde qu'il vide qui est capital transformé | ma merde c'est du capital en baisse | que rachette la société des eaux pour en tirer profit | la merde est profitable | des fortunes se sont créer par la merde de l'humanité toute entière | je me lève le matin je suis dans le capital | il se lève et c'est un capital | une unité de capital dormant se lève | sans nom une unité se lève, se lève une unité sans nom | un nombre se lève | se lève un chiffre sans nom, une unité quelconque | tu rechutes | une unité parmi un nombre | un chiffre disent-ils | un et zéro | et moins que zéro | moins un | il est une unité moins un | pour se vider jusqu'à zéro | une mémoire ne se vide pas | se consolide | on consolide nos mémoires par la tienne | et la mienne par des autres | dans un capital de mémoire listé | indéxé | l'index des mémoires du poésie de france, le pdf 238031, ou plus, tellement il y a d'écriveurs | tu chutes | le pdf 238031 a perdu 0.21% pour clore à 1234 après le recul des valeurs poétiques, dites offensives, suite à l'annonce faite par le gouvernement que les subventions seraient revues à la baisse cette année fiscale | t'imagines! | juste après la météo des mers, sur france inter | le pdf 238031, c'est une belle bouchée, c'est pas du cac ou du ftse ou du dow ni du nasdaq | ils diraient pdf, comme ils disent 'the ftse' | pour simplifier | toujours oui | achetez puis vendez ma mémoire | je veux qu'elle chute | que vous puissiez grimper | le pdf indexe tous les pdf non publiés | c'est du private equity | du capital à haut risque | quoique |

1ère planche

11/11/2009 - 13:00

début d'une bd noire en couleur, avec du magenta.

planche1.JPG

jh cherche dessinateur et coloriste

29/10/2009 - 19:48

une case. un carré, une case et des lignes. des lignes à l'intérieur d'une case carrée. à l'intérieur d'une case carrée des lignes claires, ou pas. avec des bulles parfois, ou pas, ou trop. et une autre case adjacente avec des lignes similaires, un dessin similaire de lignes différentes. et des couleurs parfois. des fois des couleurs et d'autres fois des lignes noires sur fond blanc. ou blanches sur fond noir. et des bulles dans des cases avec des mots dedans, ou des mots sans bulles dans des cases et une ligne et des mots à une bouche. une ligne tracée des mots vers une bouche, toujours, une ligne tracée des mots vers une bouche, alors que ce serait sans doute le contraire. et des cases de gauche à droite sur plusieurs lignes et une planche. ou des fois une page de lignes avec des couleurs ou non et des mots ou non et ils disent une planche. et parfois une planche avec trois cases de gauche à droite ou des fois quatre ou une et ainsi de suite pour quatre cinq lignes de cases dans une planche. et des planches qui se suivent. et dedans des cases des dessins ronds de personnages, ou angulaires, ou des lignes très droites, ou très arrondies, et des paysages derrière, des décors ils disent parfois, des personnages et derrière des décors, comme au cinéma, et un scénariste, comme au cinéma, et parfois un scénariste meurt, et un dessinateur devient en même temps scénariste, et parfois un dessinateur écrit son propre scénario, et d'autres fois il dessine juste le scénario d'un autre. et il y a toutes sortes de personnages et de décors, et d'histoires qui en résultent, des histoires de reporters, de gaullois, de super-héro, mais surtout pendant une guerre les super-héros, qu'elles soient froides ou qu'elles se passent au moyen-orient, et des villes entières parfois, des fois une ville avec une lettre en moins un ü en plus et une histoire de ville, avec des décors devenus maquettes, et parfois aussi malheureusement une petite histoire personnelle de quelqu'un qui en fait toute une planche, toute une bande de planches de cases, d'une histoire de quelqu'un, c'est à la mode aussi dans des cases, de dessiner sa petite histoire, mais parfois grande, parfois une histoire si grande qu'elle en devient non-personnelle, ça existe aussi dans des cases, des histoires trop grandes pour n'être que personnelles, et aussi des polars dans des cases, et des sagas historiques, et des meurtres à whitechapel, et des dessins d'une commune massacrée, ou de peuples caricaturés, des belles lèvres bien rouges, bien grosses, ou des tasses d'eau chaude avec une pointe de lait, et ainsi de suite, et tout ça dans des magazines, puis dans des albums, des magazines pour mieux préparer des albums, un peu comme des revues des recueils, mais aussi pour s'entrainer, pour essayer des magazines, pour se tromper peut-être, et dans un terminal maintenant aussi des cases, des belles cases numériques, avec des lignes et tout et tout, et des personnages, avec un petit trou de 9mm derrière la tête et devant plus de visage mais une grosse béance noire, une béance noire sanguinolante et grande, et dans une béance de quelqu'un un film, des béances se regardant, se regardent des béances et se voient des films, chacun son film dans sa béance mais ne pouvant voir que le film d'un autre, et tout ça dans des cases, et il en faudrait une première, une première case, bien qu'il eut voulu glisser dans une case subrepticement, ou que la couverture fut une case première plutôt qu'une couverture, et s'envelopper dedans, dedans une couverture s'envelopper dans une case que la première n'en fut pas une, et une case qui ne serait pas première, car elle se serait enveloppée dans une couverture, qui elle la serait, une case donc, noire avec des lettres blanches, des lettres tracées par des lignes dures, et droites, et blanches, et trois mots dans une case, trois mots de lettres blanches dans une case noire sans bouche, dans un terminal, ce serait la case numéro un bien que deuxième, une case toute noire et dedans, dans un terminal, en lettres blanches droites et dures, et après une case adjacente, une case adjacente à droite, ou en dessous pourquoi pas, et un zoom arrière, mais ce sont des cases pas du ciména, mais un zoom arrière comme si c'était du cinéma, et un ordinateur noir avec un écran noir et dedans "dans un terminal", donc un noir pour l'ordinateur et un autre noir pour un terminal, et une couleur pour un décor derrière un ordinateur, mais pas de blanc, plutôt du magenta, ou une couleur aussi gaie, une gaie couleur pour décor et devant un ordinateur et dedans un écran et dedans un terminal et dedans "dans un terminal", pour bien situer les choses, sortir de dedans pour bien voir qu'on est dedans, pour que je vois que je suis dedans, je vois que j'en sors mais je suis toujours dedans, encore plus, et une autre case, mais en dessous des deux autres, une case non pas carrée mais rectangulaire, et un décor magenta, avec une table, et un ordinateur, et un écran, et un terminal, et "dans un terminal", et une tête sans visage avec une grosse béance noire sanguinolante de profil, juste ça, juste un buste en bas à droite d'une case rectangulaire, avec du milieu jusque sur le bord gauche d'une case un ordinateur un écran un terminal "dans un terminal" et sur la droite d'une case rectangulaire une béance noire sanguinolante, et après en dessous, une case de nouveau carrée, et un cent-quatre-vingt, un point de vue diamétralement opposé, et un rond dans un carré qui est une case, un rond et donc à chaque coin d'une case du décor magenta, et une béance noire sanguinolante au bords de sa circonférence, et au centre un film de béance noire à quelqu'un, une béance peuplée de reste de figure, avec une demi-dent cariée par-ci un bout de lèvre par-là une pélicule de rétine un bord de narine morveuse et au centre un film de quelqu'un, un film sur écran noir et des pointes de couleur blanches, et une case adjacente, à droite, une case carrée encore, et encore un zoom, mais cette fois-ci avant, un zoom avant dans une béance noire, que l'on devinne, je devinne une béance noire sanguinolante avec des restes de visage, et donc, un dessinateur dessine un zoom avant, et je suis toujours dans la case adjacente à la précédente où il y avait un point de vue diamétralement opposé, et dans cette case où je suis je vois le film du trou noir de quelqu'un, et donc, avec le zoom avant et tout ça que je ne vois pas mais que je devinne par ce que je vois, c'est-à-dire le film de quelqu'un, je vois un dessin d'écran noir et en haut à gauche de l'écran noir dessiné, des lettres blanches, "dans un terminal", et c'est une planche, je viens de parcourir une planche dans un terminal, et une planche ici c'est une page recto, une planche recto dans un terminal et il faudrait tourner la page, tu me dis tourne la page, tourne la page lis-je qu'il m'écrit, mais je ne peux pas, dans un terminal les pages ne se tournent pas, dans un terminal, une page qui est un écran et qu'on ne peut tourner, ni dérouler, bien qu'ils disent déroule la page jusqu'en bas, alors qu'il suffit d'appuyer sur une flèche qui pointe vers le bas, et descendre dans un terminal, toujours plus bas, une belle descente dans un terminal, avec un film de quelqu'un en cases, carrées et rectangulaires, et peut-être, sans doute, plus loin une planche toute seule sans case, pour un évènement, un vrai, un évènement et une case car en plein dedans, alors qu'une case n'est qu'une partie d'évènement, c'est-à-lire rien, rien qu'une histoire se déroulant, mais non un évènement, un évènement dans un terminal peut-être si je tourne la page que je ne peux tourner, un dilemme, non un double-bind, c'est-à-dire un impossible, mais l'impossible n'est pas français, alors un double-bind, et encore, car pas de possibles dans un terminal, des potentiels dans un terminal, une planche potentielle d'un évènement potentiel que tu ne verras jamais, je le verrais, mais pas moi lis-je qu'il fit, et il attent, dans l'attente il s'oublie, s'oublient les histoires de cases, qu'il y ait enfin quelque chose comme un évènement dans un terminal, mais tu dois oublier avant, j'oublie, j'essaye, que cela puisse venir, dans un film d'une béance noire de quelqu'un qu'il ne verra jamais, que je verrais de par ma béance en continuant, jusqu'à ce que je tombe dessus, en continuant de descendre dans un terminal, je finirais bien par tomber sur quelque chose, une chose filmée que je verrais enfin, dans une planche pleine de couleurs, de lignes, ou tout noir, au fond, avec "dans un terminal" en haut à gauche.
 

tomasterminalstatuts

08/10/2009 - 11:13

tomas commence à avoir un beau stock de terminaux,

et en pleine expension l'activité.

tomas un nouveau terminal s'ouvre: tomasterminalstatuts.

tomas tente une sortie du terminal,

une longue sortie, trop longue.

tomas attenté.

tomas se déconnecte.

tomas modestie terminale.

tomas ses statuts ne s'affichent pas.

tomas et ciseaux Ctrl C

et colle Ctrl V.

tomas torrent de sperme dit-elle.

tomas traduit et à force se traduit

en traduction traduite traductrice

de traductions traduites

se traduisant en traduire.

tomas est 22h44 et encore un statut.

tomas vient de lire, et une joie,

une augmentation de puissance

s'en est suivie: cioran:

pourquoi écrivez-vous?

beckett: je ne sais pas,

peut-être la joie.

tomas et une marche,

une marche en tuffeau,

du tuffeau médiéval en marche,

et dessus quelqu'un,

quelqu'un dessus une marche

en tuffeau médiéval et dessous un trottoir,

un trottoir en asphalte et

dessus une marche médiéval en tuffeau

et dessus quelqu'un, et

sur le trottoir une casquette,

une casquette sur un trottoir sous

une marche en tuffeau avec quelqu'un

dessus, et des pièces, et

the ex kokend asfalt alstublieft.

tomas, et dans la tanière,

un bureau, et un ordinateur,

et un tomas, et des livres,

et des minutes, et des dictionnaires,

et des bouteilles d'eau, et des stylos,

et des cigarillos wilde, et un sous-bock

pour tasse de thé, et un briquet,

et une étagère, et des livres, et

des images, au mur des images, des

images paintes, des paintures, pas

des peintures, des paintures, et

tomas et voyez cette main di maniera,

ce léger contraposto, et ces drapés

rouges sur fond jaune pâle. lucier,

dans son traitement pictural d'un thème 500tenaire,

redistribue les angles de la serpentine et

crée un précédent dans le traitement

des trous narinaires.

tomas Ctrl S.

tomas est enfin intallé dans

sa tanière à bureau, ordi, internet,

mesrine et dictionnaire, 'as a little child

already Mesrine thought, and he thought this,

amongst other things, he thought already

as a little child that he had been

taken from his own subject matter,

which is the matter of death...'

tomas vient d'updater un statut.

tomas Ctrl C Alt Tab tomas Ctrl V Alt Tab

tomas ik schrijve een dichtwerk,

mijn eerste vers, in de

slaapkamer, om de computer.

tomas bartok, sunn o))) et cartons de livre.

tomas avec un s à livre svp!

tomas redevient kléber,

se klèbe la gueule aux pixels,

retraduit, se retraduit;

est une dilletante!

tomas se blurbe un statut:

"ce statut, c'est facebook en vie,

c'est le travail du texte dans le paraître,

l'insondable dans le visuel, bref,

son statut est un bijou de sensations

fortes et d'affects sincères."

tomas se sent bleu pâle.

pour bleu pâle lire magenta.

pour se lire me.

à la place de sent dis.

tomas tu veux aller flâner?

un petit café suivi

d'un brunch quelque part?

tomas Ctrl S.

tomas a des deadline à respecter,

des choses à cuter, des plans à monter,

beaucoup d'activité.

tomas la mort d'un jardinier superbe.

seconde personne singulière

d'un indicatif présent.

tomas quand je lis

je qui parle.

tomas raymond tout à fait enfin,

"Je suis en train de relire <i>Malone Meurt</i>
juste pour moquer un peu la mort
et stimuler mon esprit cancéreux.

Je serai quand même bientôt tout à fait mort enfin
nous dit Malone au début
de son histoire.

Quelle superbe ouverture
Quelle phrase fabuleuse.

Avec une telle phrase
Malone annonce sa mort
et en même temps la retarde...

Traduit du début de "A matter of Enthusiasm" de R.Federman."

tomas et quand même bouffer.

tomas Ctrl S Alt Tab http://pennequin.rstin.com/

Alt Tab Ctrl A Ctrl C Alt Tab Ctrl V.

tomas 27/07/09-07/10/09 pour info.

tomas Ctrl Q.

tomas pas encore la fin.

tomas Crtl C Alt Tab Ctrl V.

tomas je vais chercher

de la ficelle dit-elle.

tomas pourquoi?

pour sécher dit-elle.

tomas Hij zit vast in het asfalt

tomas il est coincé dans l'asphalte

tomas Komt niet los van het asfalt

tomas se démembre de l'asphalte.

tomas se délangue,

dans un terminal dit-il.

tomas sans langue avec

des doigts dans un terminal.

tomas une bouche en main

en langue des doigts.

tomas se perd à force,

forces le perdent en touches.

tomas se roule une

gauloise caporale.

tomas écoute musique moma.

tomas moma encore sa mot

moma pour tomas.

tomas moocow james dit-il.

tomas portrait de tomas en moma.

tomas musique de midinette.

tomas Ctrl S encore.

tomas Ctrl S paranoïa.

tomas miroir sans visage

noir reflet sans ligne tomas.

tomas ne statut pas sur lui.

tomas n'est pas toi dit-il,

il dit tomas comme il dirait

n'importe quelques-uns d'autres.

tomas je ne connais pas ta vie.

tomas non c'est vrai tu ne sais rien.

tomas fait sa runaround sue.

tomas hey hey hey hey hey.

tomas oooohhh ohhoohooh.

tomas this girl would leave

me with a broken heart.

tomas un coeur ne casse pas,

se bouche, fait sa crise, durcit

mais jamais ne casse.

tomas c'est une métaphore,

c'est con alors tu dis.

tomas c'est de la poésie.

tomas un coeur plein de

mauvais cholesterol, ça

c'est du poème dis-je lis-je.

tomas tu te répètes, oui

je sais moma ma mot tomas.

tomas Ctrl S.

tomas Alt Tab Ctrl A Ctrl C Alt Tab Ctrl V.

tomas pour cette fois encore

pour de vrai Ctrl Q.

 

un drill de drilles joyeux

04/10/2009 - 15:28

une ville reçoit des joyeux drilles

des drilles viennent en voitures

dans la ville, d'autres en train

un drille gagne sa croute dans la ville

et les autres joyeux drilles plantent la tente

une tente armée noire blanche de nuit blanche

et des tables et des bancs pour gazetter

et les joyeux drilles vont en marolles

dans un bar et des gens écrivent "scandale!"

et des gens dessinent "fait divers" et d'autres

parlent de skate à poil pour la gazette

et après les joyeux drilles sont retrouvés

par drille fatigué en route vers st-pierre

à l'hôpital st-pierre les drilles parlent

avec les pères de sherley, et le parrain

et la mère, et "scandale!" la bouffe est

dégueulasse, et "fait divers" qui est le père?!

et les drilles retournent au campement

en face de chez le roi, et les rats sont là!

des rats dans la tente des joyeux drilles

et hop les rats s'en vont en égouts,

et hop la tente transformée en grand restaurant

et hop les drilles mangent, et hop les drilles

et au travail les drilles, et des drilles dessinent

et des drilles récoltent de la "matière", et hop

des drilles mettent en gazette, et hop chef drille

drill les drilles, "je veux 5mm de pourtour de blanc!"

et les drilles mettent en gazette sur les bords et hop,

"5mm de blanc de pourtour l'armée noire!" drit chef drille

et des drilles décollent et recollent et gazettent

et gazette n°4 est gazettée, et chef drille et logistique

drille s'en furent au Q.G.Impression, et hop les pages

en haut en bas, recto verso, et hop allez drille plieur

plie drille plieur plie c'est un drill de chef drille

et hop, logistique drilles marolles-sablon-avenue-tente

et hop, des drilles distribuent des gazettes aux passants

la nuit blanche des passants et tous veulent être dedans

dedans la gazette armée noire des joyeux drilles

et ça gazette derrière sur les tables, gazette 5 et 6

et hop, les logistique drilles s'en furent au QGI

et hop, les drilles gazettent, mettent en drill

et les gazettes partent comme des petits pains

"scandale!" mannekenpis volé, "en une"!

le petit fils d'albert2 soutient l'armée noire!

et "petite annonce" madame tout travaux d'archives

et "sport" je skate à poil! et les gazettes partent

et megadrillephone "venez acheter la gazette

de l'armée noire, c'est gratuit!" et des passants

et "geneviève montre-nous ton cul!" et les drilles

un beau drill de distribution, hop une gazette

pour mlle, et hop une pour monsieur, et hop

une pour madame, et hop, megadrillephone

"venez acheter la gazette de l'armée noire,

c'est gratuit, le dernier exemplaire, pour vous"

et hop, mlle et monsieur, dernière gazette,

et les joyeux drilles plient le camp, et hop

la tente pliée, et hop les tables pliées, et hop

les bancs pliés les uns-aux-autres, et hop

drill de drilles-caravane chargés du campement

et les drilles lèvent le camp, et hop une fin

de drill nuit blanche de joyeux drilles

terminalsortie

30/09/2009 - 16:19

par ici la sortie, une sortie de terminal, pour toi, une commande et puis plus là, moi ici dans un écran toujours, mais plus de terminal, ni console, une console avec des commandes, une console et jouer un peu dedans, avec des héros, et toi qui joues, et moi qui subie, tous les deux dans une console à jouer avec des héros, des avatars de console, une console un terminal sans X, un terminal une console en mode graphique, une console et un framebuffer, et du jeu, pour passer l'ennui, un petit jeu de personnes qui parlent, se parlent des personnes dans une console, non dans un terminal, tu me parles, plutôt je t'écris dis-tu, et moi je lis, dans une console je suis là à lire tes écrits, des écrits tapés dans un terminal, ou une console, cela dépent des jours, aujourd'hui, pas de terminal, pas de console aujourd'hui, dans un mail, tu écris un mail dans un terminal, et ce sont des gens qui se parlent, et si tu veux, si on s'écrit assez, il y aura un historique, un historique de tout ce dont tu m'as écrit, et que j'ai lu, mais cette fois en courriel, pour ne pas dire email, un courriel entre toi et moi et lui ou elle qui ont craqué le mot de passe, un mot de passe faible, un mot de passe sans chiffres, sans ponctuation, un mot de passe facile à deviner, comme maurice, ou louisrené, d'autres encore, mais qui seront toujours devinés malgré toi, moi je devine tes mots de passe, comme elle et lui peut-être, tous ses avatars de mot de passe que tu as créés, et pas difficile à deviner pour un sou, tu n'as pas pensé aux sous,  tu n'as pas écrit des sous, c'est qu'il faudrait connaître, pour écrire les sous dans un terminal, mais je ne n'ai jamais connu dis-tu, jamais de sous dedans un terminal, encore moins dehors, comment ça fonctionne des sous dans un terminal, t'y connais rien, même pas capable de toucher le rsa, ou le chômage, t'as jamais eu tout ça, trop con pour remplir les papiers, toute une paperasse, alors tu préfères te priver, tu te prives pour une histoire de papier, une paresse paperasse de quelqu'un qui ne sort jamais de son terminal, je suis dans un terminal et je ne sais pas faire de paperasse, par paperesse, ou je ne sais recevoir les papiers, même pas capable de faire des démarches, dis-tu, je ne suis pas capable de toute cette administration, ça me pèse dit-il, je dis ça me pèse lis-je, tu dis tout ça et je suis un incapable, alors je mange des patates, des patates pour moi dis-tu, des patates de l'eau bouillante et des patates cuites, et puis enlever la peau avec un couteau, et la manger, et ça en fait rire que tu manges la peau, c'est là que sont les vitamines dis-je lis-je, comme dans la tomme, bien que la tomme soit plus rare que des patates, et puis de l'eau, parfois du vin, quoique le vin est rare aussi, et des patates aux peaux mangés et des patates sans peaux dans une bouche maintenant, dans une bouche et sans beurre, tu es maigrichon parce que sans beurre, et une bouche sèche de patates farineuses, mais une bouche heureuse, comme si une bouche sèche ne saurait être heureuse, et des mains filmées de patates, non des bouts de doigts, et une patate égal quatre vingt dix pour cent d'eau, alors une tête se dit qu'une bouche ne peut être sèche, bien qu'une langue dise qu'elle est farineuse, et parfois du pain, de la farine encore, mais plus chère, un pain nourriture de riche, les temps changent dis-tu, un pain est pour des gens avec sous, une baguette de temps en temps, pour changer, faut bien changer, mais que le jeudi, le jeudi une baguette farineuse pas cuite, pour bien mâcher, sans abimer les dents, et puis quand les dents seront abimés, de la purée, sans beurre, une purée bien épaisse dans une bouche, mais c'est loin encore penses-tu, si j'arrête de manger des cookies, la purée en sera d'autant plus loin repoussée, pour encore savoir manger les peaux, où se trouvent les vitamines, comme du temps qu'il mangeait de la viande, une belle peau d'agneau, de poulet, de cochon, manger une membrane, une bicouche de lipides, dans une bouche encore dans un terminal, pas une console, on ne joue pas avec les patates et les membranes, dans un terminal encore et incapable de sortir, coincé ici, avec moi, moi qui aurait pu dû partir depuis longtemps, laissé ce fou dans son terminal, avec ses dis-tu pour dire lui, pour ne pas dire dis-je le suivre de lis-je, pour me fourrer des mots comme des patates farineuses dans ma bouche, une bouche en forme d'oeil, une bouche un oeil dans un terminal, et jamais de corps, que des parties, des organes mais sans corps, non pas un corps sans organes, mais l'inverse, ils se trompent parfois, se trompent parfois des gens qui parlent d'organes, ou ils avaient raison mais il y a longtemps, dans un terminal pas d'hommes, que des parties d'êtres, des êtres à aimer mais qu'en parties, j'aime tes doigts qui me tapent ce que mes yeux parcourent, des yeux qui courent de gauche à droite, et des doigts à gauche à droite en haut en bas en diagonale etc, atpqgùwbn,?;.:/!§ comme un cadre, et perdu des fois, quand on change de machine, une nouvelle machine étrangère et des doigts perdus, et une vitesse diminuée, et du coup des mots pas pareil dans un terminal, comme des mots pas pareil avec bic et papier, les gens ne pensent jamais à ça penses-tu, ce que c'est que de taper au lieu de glisser, si t'as un bic, car un reynolds creuse dans un papier, un bic glisse, mais à l'école les professeurs voulaient creuser sans doute, pour mettre des torgnoles pour papier déchiré, parce que c'est des arbres que tu déchires, alors une belle torgnole pour ne pas recommencer, mais incapable de ne pas creuser, alors d'autres torgnoles, ou une belle craie toute blanche dans ta figure, et après des rires dans la cour, des camarades qui rient de ta face de clown à la craie blanche, pour avoir creuser des arbres, ou lieu de glisser, et une autre torgnole parce qu'une minuscule c'est une ligne, pas une de plus, sauf si c'est un t ou un l, mais là une torgnole de plus car c'est deux pas trois lignes, trois lignes pour majuscules, et une torgnole de j dessendu trop bas, un j touche un l et une oreille tirée, et des torgnoles aux amis aussi, parce qu'ils lisent en cachette, au lieu d'écouter, alors un beau coup de règle derrière la tête, ça t'apprendra à lire, tiens, ça oui, ça t'apprendra à vouloir lire tout seul, sans moi le maître dit-il, et puis l'ami, vingt ans plus tard qui a bien appris, qui ne lit pas sans maître, bien appris la leçon, bon élève l'ami qui a appris à ne pas lire sans maître, alors des torgnoles dans la gueule pour être mauvais élève, et plus tard plus de torgnoles, aller lire le journal au café pendant les cours de torgnoles verbales, plus physiques mais verbales, plus tu vieillis et plus c'est verbal, au lycée verbaltorgnole, après le lycée procès verbal, sauf avec d'autres gens, là ça redevient physique la torgnole, il me verbalise et je ne parle pas dis-tu, il s'énèrve et moi je lui mets un coup de boule, pour qu'il ferme sa gueule, hop il s'énèrve fait son chaud et moi un coup de tronche dans sa gueule de petit énervé, pour qu'il se taise, et puis plus de coup de boule, après les coup de boule un terminal, pour se taire tout seul dis-tu, je me tais dans un terminal, mais je tape encore, je tape sans faire mal, sans de nez qui saignent, sans le coeur qui bat d'avoir battu quelqu'un, parce que ça bat toujours trop fort un coeur après un coup de boule, un coeur qui bat et une tête qui se dit j'aurais pu discuter peut-être, au lieu de lui fermer sa gueule peut-ête aurions-nous pu discuter un peu, et un coup de boule si ça sert à rien, oui mais père il disait quand quelqu'un s'énerve tu causes pas tu mets un coup de boule, tu seras pas enmerdé comme ça, il te crie dessus toi tu le fixes dans les yeux et pam ton front dans son nez, sa lui ferme sa gueule comme ça, et t'es tranquille, c'est ce qu'il disait père, c'est ce qu'il montrait, un jour un bar et moi et père au blanc, un matin un jour moi et père au blanc et un connard qui dit sales ritals, un petit français qui dit sales ritals à des français, et un petit français sales ritals à cause du foot, et père il devient rouge, et père ses mains tremblent, mais c'est pas l'alcool il vient de boire son blanc, et père qui donne le regard du vieux chien au jeune, un vieux chien regarde son jeune chien, puis un petit français quand même grand, et jeune, un petit jeune français costaud qui s'en prend à un vieux sale rital, et père son coude quitte le bar, père lève le coude fixe le petit jeune français costaud et pam, son front à père dans le nez du petit français costaud, sauf que père c'est un rital, alors il relève le gars et pam, un autre, et le petit français costaud dit plus sale rital, il crie stop, arrête, et lui à côté, main qui tremble, mais il a bu son blanc aussi, mais ça tremble, de voir du sang pisser du nez, et père dégage sale raciste, et le petit français qui part, et père, en plus ce connard il vient dire ça ici, dans notre bar de ritals, notre territoire, fallait pas qu'il sorte de son territoire l'autre connard dit père, et puis plus tard, plus de père, une fin de livre, et lui une mémoire, un souvenir de coup de boule, et toi à la fin d'un livre, je lis c'est la fin, et ce souvenir, de coups de boule qui partent, ton front qui part et pam un nez en sang, et son sang sur tes joues, et le coeur, qui bat, et un coeur qui bat et toi à la fin d'un livre, une dernière phrase d'une fin de livre, et toi, et un souvenir souvenu de mémoire, et une dernière phrase encore, une dernière phrase première pour toi, comme un amour que tu dis toujours dernier, alors que c'est premier amour, et un amour comme carte postale, une violence comme un souvenir du pays, un pays de coup de boule quitté, et une mort sans mariage, sans mariage une mort au pays souvenu, et toujours dans une dernière phrase à lire, je la lis comme si ce fut la première dis-tu, mais c'est la dernière, une dernière phrase d'une fin de livre, une belle fin pour enfin savoir sortir, pouvoir sortir par une fin première, pour échapper, par les ports, une violence interne à laisser échapper dans un terminal, taper dans un terminal, ici un courriel, pour fuir une envie de faire partir son cou, un coup de boule qui vient du ventre, pour bien faire saigner, un coup avec juste un cou pas d'effet, ou si peu, alors être une partie de chose dans un terminal, une toute petite partie, qui interragie avec d'autres, d'autres parties et mes petites parties diverses, selon les jours telle ou telle partie, mais jamais entier, des parties de corps dans un terminal, même pas des organes, pas des corps avec ou sans organes, mais des parties de corps, des doigts, un oeil, un front, un front et un nez, deux parties qui se touchent sans corps, deux corps s'entrechoquent, un nez et un front s'entrechoquent et des fuites de corps sanguin, et des corps globuleux qui fuient le long d'un visage, un visage qui n'en est plus un, une surface et des corps globuleux qui ruissellent le long de monts dans une surface, jadis des joues, des pomettes et du sang qui coule, et encore pas sorti d'un souvenir, une première dernière phrase que tu lis, et toutes ces images qui passent, et s'entrechoquent, un nez une image, un front une image, un front rencontre un nez à grande vitesse, à grande force, et une nouvelle image, une image rouge d'une rencontre d'images, une dernière phrase en limant la ponctuation, thomas aussi regarda ce flot d'images grossières puis quand ce fut son tour il s'y précipita mais tristement désespérément comme si la honte eût commencé pour lui, en lisant une dernière phrase un premier souvenir souvenu d'une première fois à s'y précipiter, dans un nez autre une première fois un front, le sien, précipité, et une honte de quelqu'un, dire une honte de quelqu'un, non de thomas, thomas pas honte mais quelqu'un, thomas plus là, thomas puis tomas, tomas et toujours recommencer, pour fuir un souvenu, un souvenu oublié pour mieux continuer, alors plus thomas, ni tomas, moma, moma et un terminal, un terminal, et moma, et sam, et tant d'autres, et mona, et moma tomas oublie, en répétant, moma oublie tomas en se répétant en lui, il répète, il se répète, parce qu'il oublie, parce qu'il oublie il se répète, se répète oublie parce qu'il, un oubli répété parce qu'il se répète, parce que d'autres oublient, d'autres oublient alors il se répète car il s'oublie, il s'oublie que d'autres oublient alors se répète un oubli, s'oublient d'autres dans un oubli qu'il répète parce que, dans un oubli répété par d'autres s'oublie parce qu'il, qu'il oublie d'autres oublis répétés par d'autres, toujours un oubli et d'autres répétés par son oubli à lui, il se souvint d'un oubli répété de souvenir, comme d'autres s'oublient, s'oublient d'autres oublis répétés, parce qu'il oublie, alors il répète, et eux aussi, parce qu'il oublie d'autres se répètent en oublis, et c'est fou dit-il, c'est fou comme ce n'est pas un ennui de se répéter, se répète ce n'est pas un ennui car un oubli, je ne m'ennuie pas car je répète dis-je lis-je, je lis qu'il ne s'oublie pas car un ennui répété s'oublie, moi j'oublie dans un ennui, toi pas de moi, toi ennuyé de moi alors oublié, pour mieux continuer, moi plus moi, toi plus moi dit moma, tomas dit plus moi, moi un ennui oublié, m'ennuie moi alors un oubli, pour sortir enfin, enfin une sortie du terminal, un oubli et un terminal se sort, se sort d'un terminal un moi oublié, pour mieux s'ennuyer, ils s'ennuient d'être moi dit-il, moi pas moi alors m'ennuie pas dis-tu, toujours à la fraiche le matin, le matin moi d'hier oublié, pour mieux aller aujourd'hui, et l'historique disent-ils, l'historique du terminal courriel, un nouvel historique chaque jour, chaque jour un oubli et plus d'ennui, jusqu'au prochain, mais on verra quand on y sera, oui, une fois arrivé à un ennui on avisera, ou on oubliera, ça dépendra, mais plus de moi, il ne supporte plus moi dis-tu, moi je ne le supporte plus dit-il, d'être moi m'ennuie plus qu'un oubli, j'avais dit plus de on, oui, c'est vrai, tu aviseras alors, oui j'aviserai le moment venu, pas avant dit-il, une fois à l'oubli j'aviserai dans l'ennui, dis-tu, oui, ne l'oublie pas, n'oublie pas les lis-je dis-tu, c'est capital, tel une majuscule à trois lignes, pas une de moins, oui je lis dis-tu, oui dis-je lis-je, une sortie prochaine, toute proche une sortie, d'ici, pour fuir un terminal, pour se séparer d'un écran, j'en peux plus dis-tu, d'être ici dans un terminal, une partie seulement, et pas de moi, des parties de lui dans un terminal et prêt à sortir, pour l'instant, d'un terminal, alors une dernière commande, une commande quotidienne du soir, une banale commande de terminal pour sortir enfin, [q] pour sortir d'un courriel, puis

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