Charles Pennequin et Armée Noire

(à l'apportage)

24/01/2012 - 10:43

pourquoi les générations ont apporté quelque chose. pourquoi faut-il toujours qu’il y ait quelque chose qui apporte aux suivantes. pourquoi toutes les générations s’apportent ainsi. pourquoi nous, dans la génération, avons eu la volonté d’apporter. nous avons sans doute eu vent qu’il fallait une apportation. nous avons sans doute su par quelqu’un, peut-être la génération suivante, qu’il fallait coûte que coûte apporter. pourquoi apporter. car après avoir apporter il faut laisser l’apport là où il est, pour ceux qui viennent et qui apporteront. chacun apporte après ce qui a été apporté et cela fait une masse d’apportation. des apports apportés sans cesse et qu’on a fini par appeler les apportations. d’ailleurs, on ne voit pas pourquoi il ne faudrait pas ne pas apporter. certains y ont sans doute pensé. certains n’ont peut-être rien apporté. ils se sont servi de tous les apports d’apportation qui faisaient déjà des tas bien devant leurs yeux tout grands ouverts. leurs yeux étaient déjà comblés, il n’y avait donc rien à faire et puis pourquoi apporter et encore apporter pour ensuite désapporter. car c’est ça que nous faisons. le but final ne serait-il pas de désapporter plutôt que d’alimenter les apportations en apportant encore. car bien souvent ceux qui apportent finissent par désapporter. et c’est pour ça qu’il faut s’interroger sur la notion d’apporter en génération. les générations s’apportent et se désapportent. quel est l’intérêt. on aurait mieux fait de ne rien faire. ne pas apporter aurait finalement permis d’éviter la désapportation. car la désapportation, c’est ce qui se pratique le plus finalement. les générations n’ont finalement rien apportées aux suivantes et les suivantes n’ont rien apportées aux précédentes. toutes les générations d’apporteurs ce sont finalement copieusement désapportées. voilà le bilan que nous pouvons faire pour les générations à l’apportage. c’est le bilan de la désapportation. rien n’a été apporté qu’il a fallut de suite le retirer du bilan d’une quelconque génération d’apporteur. rien n’a été donné que finalement il a fallu le reprendre. ce n’est même pas ça. il n’y a pas eu de retrait, de retirement ni de reprisure, il n’y a eu que des apportations qui se sont mal apportées et qui donc sont devenues de vraies désapportation. c’est pour cela que nous ne nous sommes rien apporté, car nous nous sommes bien désapporté. nous n’avons finalement fait que du désapportage à tout crin.

pauvros - ça veut dire quoi causer

16/01/2012 - 18:47

 avec jf pauvros 

pour Causer la france (prise directe)

Le vinyl des chiens de la casse est sorti !

Le vinyl des chiens de la casse est sorti !

il a été produit par le Frac Franche comté, à Besançon
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pour le commander, s'adresser à Evelyne Hanot : administration@frac-franche-comte.fr
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nous sommes des chiens

16/01/2012 - 18:42

 avec Cécile Duval

poème sonore

16/01/2012 - 18:44

 avec jf pauvros

L'ARMEE NOIRE DOIT APPRENDRE A SE DEFENDRE

03/02/2011 - 16:45

L'ARMEE NOIRE DOIT APPRENDRE A SE DEFENDRE

Sur ces images tragiques on reconnaît clairement Charles Pennequin, subir sur un parking du Quesnoy-sur_Deûle. L'armée noire doit cesser d'être un club de yoga. Nous n'avons plus à être les victimes de telles tragédies. C'est pas sérieux. Les copains de l'armée noire qui se font tatouer Ghandi non plus.

 

l'armée noire doit apprendre à se défendre.JPG
gandhi_tattoo.jpg

l'écrit libre

03/10/2011 - 00:00
john giotto

 

 

ce matin je descends de bonne humeur, je vais prendre mon petit déjeuner de bonne humeur ce matin, car ce matin j'ai pris ma décision, j'ai trouvé tout seul, j'ai pris ma résolution et ma décision et mon courage à deux mains ce matin, c'est le bon jour pour bien se réveiller et prendre de bonnes résolutions, quand on est de bonne humeur une bonne idée pousse dans la tête et on est content, on a trouvé de quoi remplir sa journée, toutes les journées ne se remplissent pas pareil, la plupart des journées se remplissent très mal, mais là est une journée qui promet d'être bien remplie, j'aurais mon content d'images, mon content de bons souvenirs, il faut que je me débarrasse de tous mes professeurs, c'est à ça que j'ai pensé, il faut que j'aille visiter toutes les écoles où j'étais pensionnaire et que je tue un par un tous les professeurs que j'ai eu, ça c'est une bonne idée pour une bonne journée qui se présente bien, je vais prendre la voiture, je vais filer vers les écoles où j'étais pensionnaire et je vais me renseigner pour savoir où se trouve tel professeur, où se trouve le professeur en question, dans quelle salle, à quel endroit, s'il ne se trouve pas dans l'école j'irai le chercher chez lui, j'irai le prendre par la peau du cul et je le tuerai hors de chez lui, dans la rue, je tuerai tous les professeurs dans la rue, c'est-à-dire dans un endroit où ils ne tentent jamais d'exercer leur art, car leur art est d'agresser les jeunes étudiants dans des salles de cours, leur art est de salir la conscience de toutes ces petites têtes qui n'ont rien demandé à personne, et surtout pas d'être instruite aussi salement, aussi dégueulassement comme je l'ai été, ce matin je me suis réveillé et j'ai directement pensé à ce directeur qui m'avait fichu à la porte de son bureau, j'ai aussi pensé à ce professeur de sciences naturelles qui m'a giflé pour une faute, taureau il s'appelait, je vais commencer par le tuer lui, avant le dirlo je tuerai taureau, car taureau c'est bien pour commencer la corrida libre, une vraie corrida improvisée avec toutes ces bêtes à cornes qu'on ose appeler professeurs, car les professeurs ne savent rien, regardez bien dans les yeux vos professeurs, regardez les bien, froidement, dans les yeux, fixez bien votre regard et ne détournez pas la tête, regardez les fixement et tranquillement, pendant longtemps, regardez les et vous verrez ainsi la peur dans leur visage, vous les avez ainsi démasqués : ils ne savent rien ! ils ont vu dans votre regard que vous saviez qu'ils ne savaient rien. ce matin je suis bien parti, de bon pied, bon pied bon œil, pour aller massacrer tous ces imbéciles qui se disent être mes profs, je n'ai plus de profs, je ne veux plus être pensionnaire et me taper ces cons qui demandent qu'on les soutiennent à longueur d'année, car ne croyez pas que c'est vous qui devez apprendre, c'est eux qui doivent être rassurés et pour cela il leur faut une classe complète de jeunes gens pour les soumettre à la fausse vie, la fausse vie et le faux sentiment, la fausse profondeur et la fausse parole, ce matin je vais prendre la route, une longue et belle route, il fait beau, je vais pouvoir ouvrir le carreau et contempler le paysage, je prends la route que je prenais toujours pour aller voir ces professeurs, pour qu'ils me traînent dans la boue de leur savoir, leur savoir tout crotté d'imbécillités les plus crasses, je n'ai rien appris du tout avec tous ces professeurs et en plus je me suis fait insulté, je me suis fait rouer de coups, je me suis vu traité plus bas que terre, par exemple par ce professeur qui déformaient mon nom pour le ridiculiser, ou ce professeur qui passait derrière moi, juste derrière ma chaise et qui me disait calmement c'est bien, c'est joli, c'est bien écrit, c'est tout beau qu'il me disait tout gentiment, avant de me coller une grande gifle et de m'indiquer avec son doigt que j'avais fauté, j'avais mal recopié, va au tableau maintenant me dit taureau, je tuerai ce taureau, je le tuerai devant le tableau, devant tous ses collègues, j'emmènerai la petite tribu, le petit troupeau de moutons de professeurs ignares dehors dans la rue et je tuerai le taureau devant tous les autres moutons de professeurs ignares, mais pour le moment je dois prendre mon petit déjeuner, je dois me couper quelques tartines et mettre de la bonne confiture, de la confiture à la rhubarbe et au citron, je dois bien manger et bien penser à taureau, je penserai aussi à madame labiche, cette professeur d’anglais en quatrième et qui voulait me faire rentrer dans le crâne qu’une patate était différente d’une pomme de terre, lorsque j’irai la trouver je lui poserai encore la question, quelle est la différence entre une patate et une pomme de terre et elle ne saura toujours pas répondre, elle dira je ne sait pas mais c’est comme ça, une patate et une pomme de terre ça n’est pas pareil, c’est tout, mais là je ne la laisserai pas me baratiner, tout de suite j’en ferai de la purée de madame labiche, mais tout d’abord je dois finir mon bon petit déjeuner pour après prendre la route, je penserai à taureau et à labiche en conduisant sur la route, je penserai aussi à madame poulet qui n’était pas professeur, qui était cuisinière et nous servait sans cesse du hachis parmentier, tous les soirs du hachis parmentier avec en entrée des concombres, si je déteste les concombres et le hachis parmentier c’est bien à cause d’elle, j’irai la trouver avec taureau et labiche et je lui dirai, poulet, fais-moi du hachis parmentier avec ces deux-là, mais pour le moment il faut que je prenne ma voiture, je me vois déjà en train de conduire sur la route, je serai bien à conduire sur la route, je conduirai comme je veux, comme ça me plait de conduire, mais en même temps je respecterai bien le code de la route, bien sûr je ferai très attention de respecter le code de la route, et puis après j'arriverai à l'école et là je ferai un beau carnage, j'obligerai les professeurs à se coucher à plat ventre devant leurs élèves, je leur ferai faire la carpette devant les élèves, les élèves pourront essuyer leur pied sur leurs professeurs, je dirai aux élèves maintenant sauvez-vous, vous êtes libres, je vais tuer tous les professeurs de cette école et après j'attaquerai les suivantes, plus aucun professeur vivant, plus aucun ne pourra enseigner sans avoir peur que je vienne le tuer, dès que je saurai qu'un professeur est tenté par l'enseignement j'irai le voir et je lui ferai éclater la tête, son cerveau d'imbécile heureux éclatera en lambeau, toute la cervelle se répandra dans la salle des profs, ou dans la classe, sur les élèves, regardez un peu ce porc, regardez bien ce taureau, regardez son savoir qui éclate sur vous, il tente encore de vous pourrir la vie, il faut en finir, regardez comme sa cervelle a bien giclée, regardez comme c'est bon un professeur sans cervelle, regardez comme il a l'air neuneu, enfin, un vrai neuneu regardez, vous avez le neuneu type devant vous, il est sans cervelle et malgré tout il tente encore d'attirer l'attention vers lui, et puis je le laisserai tomber comme une vieille chaussette, je passerai au-dessus de son corps et je franchirai la porte, je ne la claquerai pas, je refermerai doucement la porte et je partirai tranquillement dehors, en sifflotant.

vivre

n'est pas se soumettre

vivre

est l'insoumission

à tout

ce qui se présente

comme règle

comme devenir moral

et comme impuissance

impuissance non pas à être

mais impuissance

au présent

tous les systèmes

sont des systèmes

d'impuissants

demain

je regarde les nuages

 

qu'est-ce qui fait que ça pense en moi? Quelle est cette pensée qui surgit dans l'écrit ? Je ne le sais pas complètement. Je sais qu'il y a quelque chose qui s'est déroulé, qui s'est chevillé au corps, c'est la cheville ouvrière de l'être parlant, le type qui se coltine toute la chose en dedans et qui n'est pas l'auteur en question, l'auteur en question n'est pas questionné, il est seulement en représentation alors que l'autre s'est tapé la chose, il a écrit et a disparu durant l'entretien. Entretenir, se faire entretenir, voilà ce que fait de bon l'auteur en questionnement. L'auteur est un homme entretenu. Mais les questions ne viennent pas de lui, ce n'est plus le même homme, il parle pour sortir de sa tête, de son corps, il parle pour expliquer mais il ne sait pas tout expliqué. Déjà parce que la période d'écriture lui manque, il ne s'en rappelle pas. C'est une vérité. il se souviens très peu des moments d'écrit, lorsque vraiment il est plongé dans un texte à n'en plus finir, il résiste, il résiste pour ne pas finir trop vite, voilà tout le problème, il faut entourer le problème au maximum, il ne faut pas le laisser s'échapper, on ne peut pas parler pour ne rien dire, par exemple parler pour ne rien dire c'est ce que je fais en ce moment même, si parler ne sert pas à un moment donné à l'écrit, au vrai écrit, mais qu'est-ce que c'est qu'un vrai écrit ? C'est quoi un vrai écrit? C'est un écrit qui s'en laisse pas compter, un écrit vain un écrit vrai, pas d'écrit vain, que de l'écrit vrai. Que de l'écrit vrai pas vain, et du bon vin, du bon écrit et du bon vin et du pain, du pain du vain et de l'écrit pas vain

 

Ecrire n'est pas un geste inconscient, c'est un geste d'inconscient.

 

 

l'amour est une désolation pour l'être. Pour vivre il ne faudrait pas tomber en amour. Il vaudrait mieux se casser une jambe ou attraper la scarlatine, l'amour c'est le pire virus qui arrive à l'humain en tant de paix, après il y a la guerre, dans la guerre les choses sont bouleversée et comme dans la vie il peut y arriver des choses, les poètes sont les plus démunis car ils ont besoin de la parole de l'autre et donc ils tombent souvent, sous couvert d'écriture, dans des rapports amoureux qui les mènent au désastre.

Il vaudrait mieux avoir des rapports amoureux avec ses personnages. Comment avoir de bons rapports? Comment faire pour croire à cette personne quand elle vous dit je t'aime. Il vous suffit de tourner la page. Vous êtes à la page. Vous suicidez votre personnage avec des bidons d'essence, mais à la page suivante le personnage est sur vos talons. Vous ne pouvez vous défaire de cette histoire qui finira comme toute les histoires, pourquoi les histoires n'en finissent pas de finir? il faudrait des fins avant les débuts, des fins de non recevoir.

Les rapports, où sont les rapports ? Qui vous a apporté cette tuile sur le bureau ? Qui vous a donné cette suite dans les idées ? Qui vous a fait fuir plus que d'accoutumé? Si vous voulez vraiment tomber amoureux, il faudra en finir avec votre existence, arrêter de faire ploc ploc avec votre petit personnage, le petit corps du personnage qui fait ploc ploc d'une page à l'autre de la vie.

 

J'ai aimé combien d'hommes dans ma vie, combien de gens qui se distinguaient des autres, des types qui avaient un parcours si singulier, combien de héros finalement ont jalonné ainsi mon existence, il y a eu plusieurs existences et à chacune d'elle un ou plusieurs héros qui venaient me tirer de la vie, de mon tas où je sommeillais, on me demande toujours pourquoi à telle date j'ai ainsi pu autant sommeiller, pourquoi à telle autre je me suis réveillé en sursaut, pourquoi aussi je n'ai pas prévenu mon entourage quand il m'est arrivé ces coups de bourre de l'existence, pourquoi je les ai pris au pied levé, pourquoi que je les ai ainsi quitté, comme ce jour où j'ai quitté philippe et tous mes amis, je voyais bien que nous n'avions plus les mêmes figures, eux continuaient la farce de leur parent, ils étaient déjà petitement dans des histoires et je les fuyais enfin, en claquant la porte, je quittais le café bédu et tout le village et toute la ville avec, à cette époque je n'ai cependant pas quitté pour rejoindre ma propre personne, j'ai encore retardé ma rencontre, j'ai encore rencontré les mêmes des années durant, j'ai juste ouvert une porte et des amis sont arrivés par la petite lucarne, des amis qui m'ont appris bien des choses mais m'ont laissé tout de même dans ce qui ne me ressemblait pas, qu'est-ce qui pouvait donc me ressembler un peu plus, me ressembler c'est de m'isoler, m'isoler en moi, c'est là où il y a quasi ressemblance, revoir le type qui est chevillé à l'intime et qui n'en sort pas, le gars qui est tout au fond et qui marne, me voilà où je peux encore me trouver, débarrassé quasi des héros, ce ne sont plus des héros, ce sont des proches que je rassemble au travers le temps, quasiment des millénaires il nous faudrait pour se rassembler, ressembler à quelque chose, tout un semblant de vérité, toute une moisson de vrai, sans blé.

 

 

 

Papa, mon petit papa, mon petit papa pourquoi tu t'es laissé avoir, pourquoi tu t'es fait rétamé par la vie, par tout ce qui t'a pourri l'existence, pourquoi petit papa, pourquoi tu t'es fait traiter plus bas que terre dans l'existence mon petit papa, pourquoi même moi je t'ai pas parlé, je t'ai pas regardé, je t'ai pas vu, j'ai rien vu rien connu de toi petit papa, j'ai rien su vivre avec toi, car j'ai comme rien vu vivre dedans le petit papa, j'ai pas pu vraiment penser à toi, ou alors j'avais peur quand j'y pensais, peur de toi mon petit papa, oui car je pensais que tu allais m'égorger dans la nuit, je ne voulais pas m'endormir, je voyais le grand géant arriver pour me tuer, toutes les nuits j'ai pensé que tu montais après pour me tuer, non pas pour aller dormir, je me cachais sous les draps, j'apprenais à ne plus respirer, je respirais peu et je sortais des draps trempé, j'en pouvais plus, la bête était passée, elle ne m'avait pas vu cette fois-ci, c'était moins une, tu ne m'as pas encore tué cette fois mon petit papa, mais demain tu iras te coucher, tu prendras un grand couteau et tu viendras dans la chambre avec, c'est facile, comment faire taire cette bonne femme, comment faire taire ce travail, comment faire taire cette famille, comment faire taire cette existence qui ne mène qu'à mourir, tu n'as pas existé mon petit papa, tu n'existes que maintenant mais ce n'est pas toi, c'est la distance qui existe, c'est le trait entre toi et moi, c'est la parole perdue, c'est ça qui fait existence, c'est comme un trou où tu es en fait, il y a un trou et toi tu es dedans et pourquoi, pourquoi tout ce remue ménage autour de la vie, pourquoi tout ce chambard sur nous mêmes, pourquoi toutes ces sornettes à propos de l'humanité, de la pensée, de l'art, de la guerre même, pourquoi toutes ces sornettes alors que tu n'es plus là et que même quand tu y étais tu n'y a pas été, tu as été poussé à mourir comme plein d'autres, tous les ouvriers comme toi et qui buvaient, tous les oncles, tous les autres petits papas qui prennent leur sac suspendu à la clenche et qui partent dans la nuit, tous ces paumés qui prennent le bus pour aller se tuer petitement, vous étiez tous des petits, petits papas, et égorgés par vos mères, par vos femmes, toutes ces tortionnaires et cette femme qui me dit que l'homme est un pervers narcissique, et toutes ces bonnes femmes qui ont condamnés leur maris avec leur petite existence, leur demande en mariage, leur accouchements et leur licenciements, car elles vous ont licenciées avant l'usine ces mères, elles vous ont vu mourir avec tristessse, bon débarras, petit papa, pourquoi tu t'es laissé emmerdé par ces bonnes femmes tout comme moi, moi aussi je suis un emmerdé, mais je me démerde, je voudrais te le dire simplement, te dire que je te comprends très bien, que je comprends bien que le jardin c'est ce qui a de mieux, loin de tout ce foin familial, loin de toute cette agitation, toi et tatave petit papa, toi et tes doryphores, toi et tes plants de patate, tes cordons, tes reniflements, toi et ton grand nez, tes grandes oreilles, toi et ta gentillesse qui te troue, tu te fais flouer complètement, pauvre débile de la famille, idiot du village, tu as bien fait de partir avant tous les autres, mais moi j'aurais bien aimé qu'on se parle sans distance, là on se parle mais à des dans des temps différents, c'est malgré tout peut-être la seule manière de se comprendre, la seule et unique qui existe entre les êtres qui se respectent, se parler à travers les âges, se parler sans attendre aucune réponse, la réponse vient une fois mort, mort une bonne fois pour toute, voici la vraie réponse à toute filiation, la mort de tous les petits papas jusqu'à la fin des temps, une bonne fois mort on peut engager la vraie conversation, sinon ça sert à rien de causer, tout le reste n'est que blabla, tout le reste c'est de la littérature papa, tout le reste ça fait des existences dans des trous de merde et toi tu le savais, tu savais bien tout ça au fond de toi, au fond du moi du petit papa

 

 

 

On est entier, on est un nombre entier, on n’est pas décimal, on n’est pas des décimaux, c’est pas possible, dans la tête c’est pas du décimal mais de l’entier, on est entier, c’est pour ça qu’au boulot on nous dit qu’on n’a pas de vie privée, que c’est proscrit, parce qu’on a rien compris, on a cru qu’on pouvait nous diviser, alors que c’est pas divisible, c’est comme les nombres premiers, les nombres qui sont entiers, les tous premiers, on peut pas diviser dans la tête, on peut pas séparer sa vie en plusieurs, on a pourtant plusieurs vie mais on n’est pas plusieurs dedans, c’est pas possible, on peut pas avoir une vie première et une vie seconde, on a plusieurs vitesses, c’est normal car on fonctionne pas pareil, on a une vie cachée et une vie présente, et tout est mélangé, parce qu’on est des entiers, on est entier dans sa tête, sa propre tête, c’est la nôtre, on peut pas en changer, on peut pas diviser sa tête de sa tête, avoir sa tête au-dessus ou au dessous, ou sur le pourtour de la tête, et pourtant on a aussi plusieurs tête, on a des tête à l’extérieur de la tête, on a une tête pour le privé et pour le public, on a la tête des mauvais jours, on a la tête de turc, on a la tête de lard et la tête de l’emploi, on a tout ça mais pas dedans, car dans la tête c’est tout mélangé qu’on est, et tout fonctionne en même temps et en même temps avec des vitesses et des allures et des précipitations et des blocages et des pertes et des retrouvailles et des choses mâchées machinales.

 

MON IDEE

24/10/2011 - 15:21

(regarder et écouter la video tout en lisant le texte) 

Si l’autre était dans mes idées, s’il était vraiment dedans, dans moi et mes idées, si mes idées étaient de lui, si l’autre avait mis ses idées en moi, ou qu’il était moi, c’est-à-dire qu’il était avant moi dans mes idées, s’il était mes idées à lui seul, si l’autre avait tout fait pour que je sois ses idées, si l’autre voulait se donner en me donnant ses idées, si l’autre était mes idées et que ça me fasse, que je me fasse à l’idée d’être lui pour la vie, pour la vie je suis son idée, si l’autre avait des idées et que c’était moi concrètement, quand il me voit il voit ses idées, ou quand je le vois lui, je vois mes idées siennes, si nous étions tous les deux dans la même idée, si cette idée nous importait plus que le reste, que tout pouvait appartenir à la même idée, qu’il y ait une idée sans aucun bord, que nous soyons tous les deux pris dans la même idée tout le temps, que nous pataugions dedans, si l’autre avait décidé d’un commun accord avec moi de se faire à cette idée, cette idée qui est tout ce qui nous importe, tout ce qui m’importe c’est d’avoir la même idée que toi, que toi tu sois mon idée, qu’on ait la même idée qui pousse indépendamment dans chacun des cerveaux, qu’on ait deux cerveaux mais que dans le tiens il y ait la même idée que dans le mien, et que le mien semble regardé par ton idée et que mon idée regarde au dessus de toi, mon idée lorgne dans ton cerveau comme dans un livre, qu’on ait le même livre, c’est-à-dire qu’on soit à suivre la même idée à chacune des lignes, mais que cette idée ne pourrisse jamais, qu’il n’y ait pas d’idée pourrie en nos cerveaux, qu’on reste avec l’idée qu’on a la même idée, mais que cette idée change continuellement, qu’on soit surpris par l’idée de l’autre, alors que l’autre a eu la même idée, il l’a juste eu avant, ou alors il l’a pensée juste après, mais au final on a eu la même idée, au final les idées se rejoignent, au final on a fait rentrer l’autre idée en nous et au final on est rentré dans l’autre avec une idée précise, et c’est à cette idée là qu’on tient, car on ne tient pas à l’autre comme ça, il nous faut une idée particulière, il faut tenir à l’autre par l’idée qu’il a fourré en nous son idée qu’on croit être la nôtre et avec laquelle on va tenir, et on tiendra avec ça comme on pourra, jusqu’à laisser tomber cette idée, jusqu’à l’oublier, on a oublié pourquoi on tenait tant que ça à l’autre, tant que ça à son idée, on n’y tenait pas, on se disait simplement s’il y avait un autre, s’il y avait un autre auquel tenir vraiment, il faudrait simplement qu’il devance nos idées, ou qu’on ait la même idée, qu’on soit dans la même traverse, le même sillon, qu’on creuse sans se demander ce que pense l’autre, l’autre pense ce qu’il veut après tout, il est comme il est, après tout, on peut pas avoir totalement ses idées, il peut pas avoir les nôtres totalement non plus, il fait ses idées comme il veut, et après on fait les nôtres comme on veut, on fait son lit comme on se couche comme on dit, chacun chez soi, avec ses idées bien à lui, on fait chacun sa vie après tout, on a chacun nos idées et c’est pas plus mal, sinon après on se les refile, on se refile tout un stock d’idées, comme un tas d’invendus, on se refile toutes les idées qu’on veut plus, c’est ça qu’on fait le plus souvent, on se les fourre dans l’autre, on n’arrête pas de se les refiler, on lui refile ainsi toute sorte d’idées, comme si c’était des maladies

 

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